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                                  NOTE
 Pour l'article de M. VALENTIN-SMITH : De la dépopulation des
                   campagnes, voir page 179 (-1).
    Quelques économistes, raisonnant comme si la France était
 arrivée à son apogée, sont portés à considérer le ralentissement
 de la population comme un fait heureux, en ce que, suivant eux,
 il coïncide avec un surcroît de travail et d'industrie, et une
 aisance plus générale. La production, disent-ils, s'augmente
 chaque jour en France sous l'influence de l'activité qui se déploie.
 La France est le pays où la vie moyenne s'est le plus accrue ;
 elle vient avant la Hollande et l'Angleterre, ce qui témoigne,
ajoutent-ils , de quelque chose de plus sûr et de mieux réglé
dans le mouvement des naissances, de mœurs plus perfec-
 tionnées.
    La vie moyenne est un grand mot, mais dont on abuse quel-
quefois singulièrement en économie politique. Chacun s'en fait
une arme pour son système, parce que chacun la calcule à sa
 guise. M. d'Angeville a très-bien fait ressortir ce qu'il y avait de
défectueux dans le mode le plus ordinaire de la déterminer par
le rapport des naissances à la population. Il n'y a qu'un moyen
sûr, infaillible d'établir la vie moyenne d'un pays, c'est d'addi-
tionner la totalité des âges des personnes décédées dans une pé-
riode donnée, et de diviser la somme des années vécues par le
nombre des morts. Or, ce calcul a-t-il jamais été fait pour la
France ? On y arrivera peut-être un jour lorsque l'importance de
la science économique sera mieux appréciée ; mais jusque-là
tout ce qu'on dit en général sur la vie moyenne de la France
ne repose que sur des données plus ou moins vagues, plus ou
moins incertaines.
  Maintenant, est-on bien sûr qu'en France la production aille
toujours en s'accroissant ? Oui, sans doute, la production de luxe,
de ce luxe qui a ses bienfaits quand il se renferme avec mesure
dans la classe riche, mais qui, en pénétrant comme aujourd'hui
dans toutes les classes, jusque dans la classe pauvre, ne fait le

  (1) Une erreur de misa en page nous a fait lirer l'article de M. Valenlin-
Smilh sans le faire suivre de cette note qui devait le compléter.




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