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                      LITTÉRATURE MÉDICALE.                         123
éditions latines des oeuvres complètes (a) de Galien, de 1525 à
1639, toutes in-folio, toutes formant plusieurs volumes, et
toutes vendues à plusieurs milliers d'exemplaires. Faisons
remarquer que les Juntes à eux seuls donnèrent à Venise
dix e'ditions latines in-folio, de 1541 a 1625.
    Mais, peu a peu, l'esprit humain prenant un nouvel essor,
une marche indépendante, le règne des anciens commença
à pâlir. Du moment que l'observation directe des phénomènes
passa sur le premier plan, les livres furent relégués sur le
second. Mais, ce serait a tort que la critique, souvent dé-
daigneuse, et souvent aussi incompétente, du XIXe siècle,
voudrait prétendre que l'empire des anciens est pour jamais
en pleine décadence, que leur histoire, comme leur influence,
est définitivement terminée, et qu'enfin, comme on l'a écrit,
le médecin de Pergame doit être pour toujours consigné à
l'oubli et a la poussière des bibliothèques, tombeau commun
de tant de productions qui cessent, à des époques diverses,
d'avoir intérêt et vie ! Il n'en est rien : la science n'est pas
l'œuvre d'un siècle ; elle est fille du temps. Les œuvres de
l'intelligence peuvent vieillir, mais elles ne meurent point ;
et leurs droits ne périssent jamais. Considérons (et c'est la
une réplique peremptoire ) que les seize cents ans qui nous
séparent de Galien , n'ont jamais été vides de son influence
ni de son nom.
    Quel était donc ce génie qui a résisté aux révolutions des
 temps et des lieux ? Quel a donc été ce système qui a rempli
toutes les écoles du moyen-âge, qui a asservi si longtemps
 les Arabes et les Occidentaux, qui, pendant tant de siècles,
 a tenu l'esprit humain sous son joug ? Sur quelle base avait-il
 fondé ses théories ? « Ce que Galien a mis en œuvre, ce
 n'est point le naturalisme d'Hippocrate       , mais la doctrine
 des éléments contenue dans quelques traités hippocratiques,
 et développée surtout par Platon et Aristote. C'est sur cette
 base, et en s'attachant principalement à la philosophie des
 péripatéticiens, qu'il constitua ce célèbre système dynamique


   (a) II faut ajouter à cette nomenclature l'édition gréco-latine que
le docteur Ch. Gottlob Kuhn a publiée à Leipsick de 1821 à 1833, en
vingt volumes in-8. On doit remarquer que c'est une réimpression de l'édi-
tion de René Chartier, présentée , il est vrai , sous un format plus com-
mode , mais dépourvue des notes dont l'éditeur français avait enrichi les
onze premiers volumes sous le titre de : Concisœ nolœ et varice lectiones.
(Voy. note 7). Nous louerons dans Kuhn, la table générale parAssmann.