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122 LITTÉRATURE MÉDICALE. Alexandre de Tralles, qui florissait à Rome, vers 550, et qu'on regarde, avec Arétée, comme un des meilleurs auteurs en médecine qui aient paru parmi les Grecs, depuis le temps d'Hippocrate, Alexandre de Tralles donne à Galieri l'épithète de divin. Paul d'Egine, qui florissait vers 645 (René Briau), n'a pas cru pouvoir choisir de meilleur guide pour son Manuel de médecine. Rappelons, enfin, qu'il n'y avait guère que cent ans que Galien était mort, et que déjà , Oribase, médecin de Julien l'Apostat (empereur de 361 a 363), rédigeait un abrégé de ses œuvres, qu'il publia comme un compendium de l'art médical. Ainsi, dès ce temps, la renommée de Galien était à son comble, puisqu'un médecin habile et l'un des plus savants de son siècle, ne crut pouvoir, ni mieux répondre a la prière de son auguste client, ni rendre à l'art un service plus signalé, que de mettre sous une forme succincte les volumineux écrits du médecin de Pergame. Galien fut ensuite traduit et commenté par les Arabes, qui le proclamèrent le prince de la médecine, et il inspira cons- tamment leurs œuvres les plus considérables. Ce fut sous leur patronage qu'il pénétra dams l'Occident, où l'on avait perdu les traditions grecques, et où, pendant le moyen âge, il prit possession absolue des écoles ; l'enseignement se faisait sous son nom ; il fut pour la médecine ce qu'Aristote fut pour la philosophie, le maître a qui tous se référaient : magisler dixit. — A la Renaissance, le Galien arabe disparut pour ne plus revenir, avec tout le cortège de commentateurs qui s'était interposé entre les Occidentaux et les sources helléniques ; le Galien grec revint à la lumière, et l'on sait, dit M. Littré, quel accueil l'enthousiasme des hommes du XVIe siècle préparait a ces morts illustres qui, sortant enfin de leur long sépulcre, se faisaient voir face a face, et non plus par le reflet incertain de la tradition et de la traduction. On s'étonne aujourd'hui du nombre des éditions de Galien qui virent alors le jour, et l'on se fait difficilement une idée du succès inouï qui couronna ces entreprises de librairie : pour ne parler ici que de ses OEuvres complètes (les publi- cations partielles sont innombrables), nous dirons qu'en un siècle on compte deux éditions grecques, l'une a Venise, chez les Aides (1525, 4 vol. in-fol.), l'autre a Bâle (1538, 5 vol. in-fol,), une édition gréco-latine à Paris, par René Chartier (avec Hippocrate, 13 vol. in-fol., 1639), et plus de dix-huit