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                    BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.                         515
       Quels pieds mignons .' Quelle course légère !
     Vous portez dignement le beau nom d'écureuil.
     Pourtant, pardonnez-moi, je suis frauc : votre père
       (Veuillent les dieux avoir ce cher confrère
     Qu'ont pleuré nos forêts, dont il était l'orgueil ! )
     Votre père faisait mieux qu'on ne vous voit faire.
     Voyez-vous ce gros pin? sans peine il y sautait.—
     A ces mots, l'écureuil qui d'honneur se piquait,
     Prend son élan, bondit, zest.... et change de gîte.
     « Bravo ! dit le renard, mais il sautait ensuite
      —
          Sur le grand sapin que voilà.
     Le saut était plus fort; cependant on sauta,
       El le héros, tout fier de sa victoire,
          Parut assis sur le sapin,
          Comme un triomphateur romain
          Sur son plus noble char de gloire.
     —De mieux en mieux, mon brave ! Allons plus qu'un effort,
     Et vous nous consolez de votre père mort!
     Il vous coûtera peu d'aller sur cet érable ;
     Ce n'est qu'un saut de plus. Cette fois l'écureuil
     Sans bouger mesurait la distance de l'œil ;
          Elle lui semblait effroyable.
     Eh quoi ! vous hésitez ! criait le séducteur ;
     Vous y seriez d'un pas! manqueriez-vous de cceur?
     — Non, je n'en manque point! —Et zest... le pauvre diable
     Tombe ; sur lui s'abat la griffe impitoyable
     Du renard qui lui dit : —De plus rusés que toi
     Se sont pris aux appâts d'une langue traîtresse.
     Allons, mon beau sauteur, viens apprendre chez moi
     Ce que c'est que l'orgueil et sa fatale ivresse.


  Les trois derniers de ces recueils de Fables sont sortis des
presses de la Revue du Lyonnais, et forment d'élégants volumes
du format Charpentier, si à la mode aujourd'hui.
                                               F . - Z . COLLOMBET.