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160                     UAttlE VETIT-JEAN.
directeur du Musée, permit à cette gracieuse phalange déjeunes
personnes de s'installer dans un local particulier du Palais Saint-
Pierre , où elle put copier les tableaux des anciens maîtres
et recevoir, de loin en loin, les conseils des professeurs de l'École
des Beaux-Arts.
   H serait difficile de dire avec quelle ardeur Marie Trimolet s'a-
donna à l'étude de la peinture. A peine eut-elle touché lespinceaux,
que se développa en elle une rare organisation de coloriste.
   Nous pourrions citer de cette époque les copies qu'elle a faites
des deux portraits, peints par Paul Moreelèse, de la maîtresse
du Titien, d'après Paris Bordone, etc., etc.; lesquelles, parleur
exactitude de dessin, leur franchise d'exécution et leur finesse de
ton, tromperaient le plus fin connaisseur.
   Des études d'après les plâtres moulés sur l'antique, et des
bustes d'après nature, étaient tout ce que pouvait permettre la
rigide bienséance de province à un sexe dont la pudeur est la pre-
mière vertu. Ce fut cependant avec ces seules ressources que se
forma bientôt un talent qui mit au jour des œuvres que plus d'un
porteur de barbe eût été fier de signer.
   En 1817, Marie Trimolet épousa M. Petit-Jean. Avec ce nouvel
état vinrent de nouvelles charges qui redoublèrent son zèle.
Quelques ouvrages l'avaient fait connaître du public ; le goût des
arts se répandait dans la société ; la sécurité revenue en France,
et avec elle l'aisance, permettait aux parents de faire donner à
leurs enfants des talents d'agrément. Les maîtres étaient rares.
Mme Petit-Jean vit, dans l'enseignement du dessin aux jeunes
personnes de son sexe, un moyen honorable de subvenir aux
dépenses de sa maison. Elle s'y livra avec une conscience et un
amour de mère qui furent récompensés par les progrès de ses
élèves, et leur attachement à sa personne. En peu de temps, sa
classe fut nombreuse , et nombreuses aussi devinrent ses leçons
en ville.
   Malgré ses assujétissantes occupations et les entraves de la
maternité, elle trouvait du temps pour étudier, faire des por-
traits et de petits tableaux. Jusque-là elle ne rêvait pas la gloire.
Toute son ambition était d'arriver à une honnête aisance, de



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