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 350                    HISTOIRE DE LA VILLE
  bait une grande quantité de traits d'argent. Mais bientôt des
  prohibitions arrêtèrent l'essor de l'affinage. Cependant, il s'établit
  une contrebande qu'on s'efforça en vain pendant longtemps
 d'arrêter. Ce ne fut qu'en 1766 , après la réunion de Trévoux à
 la France, qu'on y parvint par l'institution d'une Argue royale,
 semblable à celles de Paris et de Lyon. Ce fut alors que le tirage
 d'argent commença à décliner véritablement. Les guerres de la
 révolution ne lui ont pas été nuisibles. Le grand nombre de galons
 et de traits d'argent qu'exigeaient les épaulettes et les costumes
 des généraux et des officiers procurait beaucoup de demandes :
 trois ou quatre cents ouvriers étaient généralement occupés.Mais,
 depuis la paix , les demandes sont devenues moins nombreuses,
 le nombre des ouvriers a diminué. Maintenant, il n'y a que deux
 affineurs, et ils occupent une cinquantaine de personnes.L'emploi
 des galons faux, si communs aujourd'hui, a nui beaucoup à cette
industrie. En outre, les étrangers l'ont adoptée chez eux : on la
trouve en Italie , en Suisse , et même en Russie. L'Argue sub-
 siste toujours : elle est dirigée par un essayeur , un contrôleur
et un receveur. Trévoux est, après Paris et Lyon , la seule ville
de France où il y ait une Argue. On a attaché à l'Argue un
bureau de garantie pour les ouvrages d'or et d'argent.
    Les affineurs et les tireurs formaient une corporation. En 1766,
ils firent frapper une médaille ou jeton qui représentait au droit
l'effigie de Louis XV , et au revers la vue de Trévoux et la maison
de l'affinage , avec cet exergue tiré du psaume cxxi : Fiat pax_
in virtute tua et abundantia in turribus tuis, devise que la ville
a adoptée.
    L'orfèvrerie était autrefois renommée à Trévoux : plusieurs
fabricants y faisaient des ouvrages estimés : une trentaine d'ou-
vriers y étaient occupés ; mais cette industrie est entièrement
tombée. Il n'y a plus que deux orfèvres : ils vendent pour la
campagne des objets communs.
   La chapellerie était autrefois importante : plusieurs ateliers y
occupaient un grand nombre de bras ; mais elle est tombée depuis
une cinquantaine d'années.
    La toilerie , établie et favorisée par les princes , subsiste