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288 JACQUES LISFRANC. lutte, tremblant à l'examen , ne sachant qu'avec son maître ou son livre à la main, plante grêle , étiolée qui ne peut supporter ni un rayon brûlant du soleil d'été, ni une gelée blanche d'au- tomne, encore moins le froid de l'hiver ! mais un écolier robuste préparé, fait à toutes les agressions , infatigable à l'œuvre, prompt à la réplique, apte à tout bon savoir, ne redoutant rien que le pédantisme de la pédagogie collégiale ; brave enfant des montagnes, il aimait le grand air, les courses à pied, à cheval, la chasse, la pèche, la natation, l'escrime. Son père, pour dévelop- per chez lui la dextérité de la main et la précision du coup d'œil, lui avait fait encore apprendre à tourner ; et, au Lycée de Lyon, à cette époque il n'y avait pas de gymnastique, on n'y enseignait que le français et le latin, avec un peu de mathématiques ; pour unique promenade les plaines de Villeurbanne à pas réglé et en troupe; plus de ces excursions à travers les forêts de sapin, en compagnie de son père pour aller voir les malades ; notre écolier qui aurait dû souffrir du changement, se plia à sa nouvelle posi- tion. Ses études n'en souffrirent pas. On dit que , trente ans plus tard, M. Pariset aurait jeté sur sa tombe quelques paroles de regret et des éloges mêlés d'ex- cuses à raison de l'éducation imparfaite du défunt. Nous ne savons trop ce qui a pu donner lieu à cette appré- ciation un peu sévère de la part d'un ami. Le jeune Lisfranc avait appris dans ses études et recueilli de par le monde, et auprès de son père , tout ce qu'à cette époque un jeune homme apprenait, tout ce à quoi il se façonnait. L'amitié délicate, une affection du genre de celle qui part d'un cœur aussi bien formé que celui de M. Pariset, a droit, il est vrai, d'être exigeante sur les souplesses de l'éducation. Mais un physiologiste aussi profond que M. Pariset ignore- t-il qu'il est rare de trouver dans une nature puissante et vigou- reuse, dominatrice par instinct, tout le charme sympathique des belles manières. On y rencontre le franc-parler, le rude-lan- gage, sa crudité, des empressements qui se traduisent en viva- cités, même en colères ; dans le fond, de la loyauté, de l'abné- gation et du dévouement, et de la droiture toujours. Ce n'est