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                         PIERRE REVOIL.                        231
autre artiste également recommandable, le professeur Goni-
chon, élève lui-même du célèbre Bony, dont il existe encore
un grand tableau de fleurs dans la Galerie des Peintres lyonnais,
au Palais Saint-Pierre, il fit d'assez rapides progrès pour être
bientôt en état de remplir dans une fabrique de papiers peints
une place de dessinateur que son peu de fortune l'obligea d'ac-
cepter , en attendant qu'il lui fut possible de pousser plus
avant des études si bien commencées. 11 y exécuta, sous les
auspices et la direction du chef de cette maison, plusieurs com-
positions allégoriques dans le-goût de l'époque ; elles témoignè-
rent déjà de sa facilité à traiter les sujets historiques. A ce pro-
pos un biographe de Revoil, M. Martin-Daussigny, dont le tra-
vail m'a été fort utile, assure que quelques unes de ces compo-
sitions survécurent à la vogue éphémère qui fait la plupart du
temps le seul mérite de ces sortes d'ouvrages, et que, plus tard,
elles lui furent injustement reprochées. Accusations bien cruelles
et bien tristes qu'exploite l'esprit de parti, et dont, plus que tout
autre, Revoil aurait dû se trouver exempt. Mais quelque valeur
que son précoce talent leur eût donnée, la vocation du jeune
dessinateur n'était pas pour d'aussi modestes travaux et son
ambition visait à un but plus élevé. Aussi, en 1795, à peine âgé
de dix-neuf ans, et toujours aidé par la bienveillante sollicitude
de son oncle , il se rendit à Paris, où grâce aux protections les
plus efficaces il ne tarda pas à être admis dans l'atelier de David,
quoiqu'il fût très-difficile aux jeunes peintres d'y avoir accès.
11 s'y trouva avec le célèbre Granet, alors au début de sa bril-
lante carrière, et avec M. Fleury Richard, l'un des maîtres de
l'École de LJJOXI que la mort a récemment enlevé aux arts dans
un âge avancé et alors qu'il s'était retiré depuis longtemps du
mouvement «t du bruit de nos expositions. Le grand réforma-
teur des arts au XIXe siècle était alors au plus haut point d'une
célébrité qui, depuis, n'est pas toujours restée sans atteintes ;
il accueillit très-bien son nouveau disciple, et l'on dit même
 que, pour mettre son savoir à l'épreuve, il le consulta sur un
 détail d'un de ses plus importants ouvrages. Cette anecdote
 dont je ne prétends pas contester ici la vérité, car, au témoi-