Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
106                       LES TROIS BURCHA.RD.
dont on l'avait injustement dépouillé sous son prédécesseur (1).
Puis il convoqua, en 984, un Chapitre solennel dans l'église de
Saint-Etienne à Lyon (2). Il ouvrit la séance par une allocution
pathétique où il retraça, dans les termes les plus saisissants,
les maux causés non seulement par les dévastations des barba-
res , mais aussi par la rapacité des chrétiens et la prodigalité des
mauvais pasteurs. Il dépeignait les églises dépouillées, les terres
en friche , les greniers et les celliers vides, et la famine mena-
çant son troupeau. « Dans une telle extrémité , dit-il, les armes
 « terrestres sont impuissantes ; faisons-nous un bouclier de la
« prière, et cherchons notre aide et notre relief dans le Seigneur.
« Jurons d'abord, en présence de ce peuple qui nous écoute, de
« ne plus jamais aliéner les biens qui appartiennent à l'Église,
» soit pour enrichir nos neveux ou nos amis, soit pour satisfaire
« quelque penchant coupable, et prions ensuite le Dieu puissant,
» témoin de nos serments, qu'il bénisse nos efforts et sou-
« tienne nos pieuses résolutions. »
   Cependant, le prélat ne négligea point les moyens humains
pour rétablir l'ordre et la paix dans son diocèse : il soutint avec
avantage une guerre ouverte contre Girard, comte de Lyonnais ,
et sa famille, qu'il relégua dans le Forez et le Roannais, où ses
domaines patrimoniaux se trouvaient situés. Ce comte, décou-
ragé par le mauvais succès de ses tentatives pour conserver l'au-
torité qu'il avait momentanément ressaisie , partagea ses biens
entre ses trois fils Arthaud, Etienne et Humjroy et se retira
avec sa femme Grimberge de la scène du monde.
   Les rois de Bourgogne-Jurane paraissent avoir profité de cette
circonstance pour affaiblir la puissance de cette race de comtes
devenus héréditaires, qui, possédant des terres allodiales dans
l'Auvergne, réclamaient souvent la protection des ducs d'Aqui-
taine, ou môme des rois de France contre leur souverain légi-
time. Le roi Conrad, au lieu de reconnaître , selon la coutume.

    (i) Charle de Burchard II eu faveur de Savigny (Carlul. de Saviguy, iï"<ï27),
(-'est dans celte charle qu'il se dii,« Condradi régis filium. »
    (2) Gallia christiana, t. IV, j>. C.