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                           LES TROIS BURCHARD.                                101
    D'autres actes de libéralité envers les églises et les couvents
 témoignent que son intention fut de rendre au clergé sa dignité et
 sa prépondérance pour les faire tourner au profit de la morale
 et de la prospérité publiques, pensée qu'il exprime lui-même
 sous une forme parabolique dans le préambule de l'un de ses
 diplômes (1). Ce jeune prélat semblait ainsi comprendre son
 siècle et sentir que le clergé et les ordres monastiques étaient
 alors le seul foyer de la civilisation et de l'industrie , d'où elles
se répandaient plus ou moins , soit dans les rangs supérieurs ,
soit dans le peuple.
    Burchard lei jeta les fondements de la puissance temporelle
des archevêques sur la ville et le territoire de Lyon. Le comte
Hugues, marchion (ou vice-roi) dans la Cisjurane (2;, était mort
vers le temps de l'avènement de Burchard Ier (3),et le roi Conrad
ne rétablit point cette dignité dans le Lyonnais, sans *doute par
égard pour l'archevêque son frère, vis-à-vis duquel un nouveau
vice-roi aurait été placé dans une position très-embarrassante.
Gérald Ier ou Arthaud II son fils, était alors comte du Lyon-
nais (4) ; mais l'autorité de ses comtes paraît avoir été presque
nominale, car on ne les voit intervenir dans aucune des chartes
données sous le règne de Burchard 1er. Ce n'est que sous ses
successeurs que ces comtes du Lyonnais ou de Forez reparais-
sent dans les documents comme exerçant les fonctions de cette

mari archicancellarii, anno XIIHe regni Conradi régis jurensis, feria Ha ,
mense novembri » (soi( lundi 6 novembre 954). L'enquête avait donc duré
plus de cinq ans.
   (.1 ) « Pastoralis curiœ solertia insudendum est episcopis ut grex sibi commissa
ad altiora conscendens semper ad meliora proficiat, et proficuis ne in ali-
quibus deficiat jugiter alatur ulilitatibus. » ( Charte en faveur de Savigny de
l'an 954. — Cariul. de Savigny.
   (2) Keime du Lyonnais, t. U, p. 374 et note 1.
   (5) Le Marchion Hugues fut probablement tué dans l'invasion dos Hungres,
qui débouchèrent par la Provence dans l'été de l'an 944, peu de mois après
le dernier plaid tenu par ce même Hugues, à Lyon, le 28 mais de la même
année.
  (4) Voy. Bullioud, manuscrit, à la Bibliothèque de Lyon, n° 1253.