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338 pas possible de finir. De son vivant, il avait publié deux ouvrages in-folio sur son art. Le premier , contenant deux livres , et inti- tulé : Nouvelles inventions pour bien bâtir et à peu de frais , parut à Paris , en 1561, et fut réimprimé , en 1576 , avec corrections et planches. Son grand traité d'architecture, en neuf livres , avec fi- gures en bois, parut en 1567 , et il fut réimprimé en 1626 , avec les nouvelles inventions , chez Regnaud Chaudière , à l'Ecu de Flo- rence. Quelques bibliographes , M. Auguis antr'autres , auteur de l'article De Lorme , dans la Biographie Universelle , homme très- savant, et membre aujourd'hui de la chambre des députés , par- lent encore d'une autre-édition qui aurait été donnée en 1648. Roland de Chambray, auteur d'un parallèle de l'architecture antique avec la moderne, imprimé à Paris en 1650 , traducteur du Traité delà peinture de Léonard de Vinci et des quatre livres d'architecture d'André Palladio , ne s'est pas montré fort partisan des principes de l'architecte lyonnais : il trouve que le dorique proposé par lui a peu de conformité avec l'antique et les pré- ceptes de Vitruve -, que son ordre ionique est sans régularité dans ses parties ; enfin que son ordre corinthien n'est pas de bon goût. Roland de Chambray , l'ami du Poussin , et qui l'amena de Rome en France, était assurément un savant homme; ses ouvrages , bien accueillis dans leur temps , sont encore assez estimés au- jourd'hui-, mais cela n'empêche pas que le jugement qu'il porte de Philibert De Lorme ne soit entaché d'une sévérité poussée jusqu'au ridicule. A l'en croire, De Lorme, malgré ses études à Rome et son amour pour l'architecture antique , n'aurait eu néanmoins qu'un génie fort moderne, et qui lui faisait voir les plus belles choses avec des yeux gothiques ; il lui donne assez souvent la sotte qualification de bon homme , et il lui reproche de n'être pas dessinateur; il prétend que son talent consistait principalement dans la conduite d'un bâtiment, et qu'il était plus Beauteillis, sur les jardins de l'ancien hôtel de St-Paul. La rue de la Cerisaie est remarquable par plusieurs beaux hôtels, notamment par celui du connétable de Lesdiguères , possédé ensuite par François de Neuville , duc de Villeroy, et qui fut habité , en 1717, par le czar Pierre-le-Grand , pendant le séjour que ce prince fit à Paris.