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conséquent au véritable bonheur des Français. Je demande par-
don à Dieu et aux vrais enfans de l'Eglise d'avoir coopéré à ces
mutations déplorables, par un serment que le Saint-Siège a
condamné , et que je révoque par la présente déclaration que je
désire être connue et publiée , lorsque la cessation de la persé-
cution actuelle permettra au dépositaire de mes sentimens et de
mon repentir de la faire connaître. Je demande pardon à Dieu

 et rapide de déployer sa majesté et sa force contre ce vil peloton de brigands qui
  aveuglent et qui perdent le peuple.
     En effet, pour peu que les abus continuent à s'avancer sur la ligne où nous
 les voyons aujourd'hui, bientôt la destinée des français ne se trouverait plus con-
  centrée que dans des mains teintes de sang et souillées de crimes. Car alors, il
 n'existerait plus de vraie représentation nationale ; alors les mandataires du vrai
 souverain, ne seraientplus que les représentans d'une horde incendiaire et meur-
 trière ; alors toutes les lois se feraient au gré, et peut-être sous le glaive de la
 fraction la plus immorale et la plus corrompue du peuple, alors l'anarchie dé-
  vouerait aux fers et à l'échafaud la portion saine et vertueuse des envoyés de la
 nation; alors enfin, tout serait à la discrétion de ces cohortes séditieuses qui, du
 fond de tous nos dépàrtemens, vont grossir la foule des pertubateurs qui ne cessent
  d'agiter cette grande capitale, de tout temps en possession d'être le refuge des
 méchans, et le théâtre des grands crimes...
     0 concitoyens! ô hommes du 29 mai! énergie, surveillance : que ce soient là
 nos mots de ralliement! Notre triomphe sera stable, si nous savons le vouloir.
Nous avons renouvelé, à cette grande et mémorable époque de votre victoire sur
l'anarchie, el nous renouvelons encore ici devant les mânes sacrées de nos frères ,
 et dans le temple du dieu saint, le serment de maintenir la liberté, l'égalité, les
 droits inviolables du peuple, l'unité et l'indivisibilité de la république. Nous nous
 sommes juré, et nous nous jurons encore, unité, fraternité, concorde et concert
 impertùbables. Mais à ces sermens gravés dans nos cœurs en caractères ineffa-
çables , nous ajouterons toujours celui de faire la guerre à tous les scélérats, celui
de poursuivre, de combattre et d'anéantir le monstre de l'anarchie, sous quelque
forme et sous quelque dénomination qu'il veuille exercer ses ravages.
    Et vous, Être suprême et infini, qui présidez en silence à tous les éyénemens
et à toutes les vicissitudes qui n'ont cessé d'agiter notre globe depuis l'origine des
sociétés; levez-vous aussi avec nous, pour foudroyer les oppresseurs de vos créa-
tures et de vos enfans, vous dont le souffle secoue les diserts, et ébranle les montagnes.
Mais plutôt, grand dieu! changez l'ame des méohans. C'est le seul vœu, cliers
concitoyens, qui soit digne de la clémence et du grand cœur que vous avez dé-
ployé après votre triomphe. (Lyon, 1793, imp. d'A. V. Uelaroche, iu-4° de 1 ï pag.)