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d'avoir reçu la consécration épiscopale dont j'étais indigne ; et à
l'Eglise , d'avoir rempli un siège qui n'était pas vacant, violé les
lois saintes de la discipline , et méconnu l'autorité et la supério-
rité du souverain Pontife et du Saint-Siège.
    « Fait aux prisons de la Conciergerie , à Paris , ce 7 janvier ,
l'an de N. S. 1794, signé : Adrien LAMOURETTE. »
    Voyez la lettre de François-Thérèse Panisset, évêque constitu-
tionnel du Monlblanc, aux êvêques consécrateurs ; Lausanne, sans
date, in-8° , pages 3 , 14 et 15 , puis les Tablettes chronologiques,
par M. Péricaud, page 79.
    La veille de son supplice , Lamourette disait à ses compagnons
 d'infortune : « Faut-il s'étonner de mourir ? la mort n'est-elle pas
 un accident? au moyen de la guillotine, elle n'est plus qu'une          N
 chiquenaude sur le cou. » Le conventionneLBoftère^le Yieuzac fyùT^t^l
 pensait de même : « Qu'est-ce que la guillotine^ s'écria-t-il un jour ?
 — un lit un peu plus mal fait qu'un autre.
    Les Nudités , de Chassaignon , renferment plusieurs faits rela-
 tifs à Lamourette, mais peut-être ne doivent-ils être adoptés
 qu'avec circonspection et réserve. Quoiqu'il en soit, les voici:
     « Lamourette doit la grâce de sa conversion entière au grand
 Mirabeau, qui lui reprocha de coucher avec la pupille Rose et
 se la fit adjuger, en lui donnant, par échange , la clé du cabinet
 jacobiste et une mître constitutionnelle. Unâ avulsâ , non déficit
 altéra.; Page 81. »
      Un ecclésiastique digne de foi, vicaire dans un hameau près
 de Troyes en Champagne, qui a été disciple du lazariste La-
 mourette, au séminaire de Toul, m'a raconté une anecdote lit-
 téralement semblable sur le compte de son maître , et il m'a fait
  apprécier le passage suivant, d'une instruction pastorale de l'é-
  vêque de Rhône-et-Loire, du 12 mai : « Nous ajouterons , nos très-
  chers frères , en vous suppliant de nous pardonner des réflexions
  que la sévère modestie nous interdirait dans des Circonstances
  moins périlleuses pour la religion, nous ajouterons que ceux
  qui ont présidé à notre course dans la carrière périlleuse que
  nous avons parcourue , que ceux qui ont reçu nos leçons ou que
  nous avons formés aux connaissances et aux vertus du sacerdoce,
  que tous ceux enfin qui nous ont suivis et connus, nous o"nt una-