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224                      GRENIERS ET FOURS.

pain; c'était la divinité du fournil. — Les cérémonies,
Fornacalia, instituées en l'honneur de cette déesse,
avaient lieu au moment où le pain était déposé dans le
four. — Le peuple ne pouvait donc être averti que le
jour même de la fête; et les boulangers, Pistores, la
célébraient religieusement, pensant se rendre la divinité
favorable par leur exactitude à l'honorer.
   Varron nous apprend que c'était pendant l'hiver qu'on
tirait du grenier le blé destiné à la consommation domes-
tique et qu'on devait torréfier pour le rendre propre à la
panification. — Messum far promendum Même inpis-
trino ad torrendum quod ad cïbatum expédition esse
 velis (1).
    Puisque nous venons de parler ici des divinités dont
on implorait la protection pour la conservation des grains
 et la bonne cuisson du pain placé dans le four, disons
 encore que Jupiter avait, dans le Capitole, des autels qui
lui étaient élevés sous le titre de Jovis Pistor. Les au-
teurs anciens justifient la qualification de Boulanger,
 donné par les Romains au plus redouté de leurs dieux et
les honneurs que sous ce nom ils croyaient devoir lui
rendre, par le récit d'un prodige peu digne de la toute-
puissance du maître des cieux et de la terre lançant la
 foudre, Jovis Tonnans. Dans le temps, disent-ils, où les
 Gaulois assiégeaient le Capitole, un autel fut élevé dans
 ce lieu et dédié à Jupiter Pistor, parce que pendant une
nuit, le dieu avertit les Romains qu'ils eussent à faire
des pains avec tout le blé qu'ils possédaient et ensuite les
jetassent dans le camp des ennemis, ce que les Romains
 ayant fait, les Gaulois étonnés levèrent le siège, déses-
pérant de réduire par la famine un peuple assiégé qui se
chargeait de les nourrir.
  (1) M, Terenlii Varronis de agricultura, L. 1, § 6 9 .