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                      SALON DE 4869.                    133
les présentés seront aussi bien accueillis que le présen-
tateur, et qu'à la fin, les groupes qui ont tant clabaudé
 séparément les uns contre les autres, se mêleront dans
une concorde générale.
   J'ai le plus grand respect pour les souvenirs et l'em-
preinte ineffaçable des émotions d'un temps qui n'est
plus. Ce n'est point par haine du passé que j'ai l'amour
du nouveau. Je comprends qu'on parle avec un doux
enthousiasme d'une époque où l'art à Lyon se couronnait
dans l'intimité de sa gloire locale, époque où de bons
travailleurs faisaient leur œuvre consciencieuse sans
ambitions démesurées, sans désirs violents de choses
lointaines et vagues pour leurs yeux, sans honte enfin
d'être fidèles serfs d'une école que leurs aînés avaient
créée et dont ils perpétuaient orgueilleusement l'esprit et
les principes. Mais le respect religieux du domaine pa-
ternel ne doit pas empêcher sa culture, et la terre ne
produit plus que de folles herbes si on y veut conserver
la trace des pas aimés. Pourquoi traiter de bâtards ces
fils cadets qui ont remué de fond en comble le sol usé,
et changé l'outil de vieux mode contre un nouveau plus
savant et plus fort ? Le domaine, ne s'est-il pas enrichi
de ces semblants de perturbation, de, ces remaniements
que la piété du souvenir regrette ? Ils vieillissent, à leur
tour, ces jeunes,, dédaignés et honnis au début, et, d'au-
tres les suivent qui ne les dédaignent,pas. ni les honnis-
sent, car tous les exemples sont profitables, et il se trou-
vera à la fin que l'Ecole lyonnaise existera vraiment quand
ce vieux mot sera oublié.
   Les expositions locales ont cet attrait,, que ces évolu-
tions, ces, progrès s'y dénotent nettement, soit dans les
œuvres qui s'y mettent au jour, soit dans les critiques
qu'pn, en "fait. Malheureusement les comparaisons y sont.