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383 ANNIBAL ET LE RHÔNE. les lieux qu'ils voulaient décrire d'après leurs idées, sans configuration géomélrale: Hècatèe,Aristagore et Tliêophrasle paraissent avoir été les premiers 5 vouloir tracer des cartes plus grossières encore que celles qui nous sont venues du moyea-age, en comparaison desqueslles celle de Peulinger, du IVe siècle de notre ère, serait un chef-d'œuvre. Il est bien encore une autre raison que nous développe- rons ci-après, pour relarder la marche d'Ànnibal sur les bords de la mer et la faciliter dans les montagnes, et qui peut trouver sa place ici pour la comparaison des deux deltas: c'est l'abaissement continuel desvallées dans les Alpes ell'élévalion des bords de la mer, depuis Annibal jusqu'à nous, et par conséquent l'accroissement d'élendue des rivages aux bou- ches des fleuves, tels que le Rhône et le Nil, ce qui nous porte à croire que le Délia d'Egypte et celui de la Camargue n'avaient pas, à l'époque de Polybe, l'étendue qu'ils ont au- jourd'hui, tandis que celui que formaient Scoras et le Rhône n'a pas pu augmenter. L'époque à laquelle le Rhône se bifurca, celle de la r e - traite successive de sa vieille branche, et sa réunion défini- tive à la nouvelle, quoique paraissant élrangères à noire sujet, n'apporteront pas moins quelque éclaircissement à l'opinion que nous émettons, et l'on pourra apprécier, par *les ravages qu'on lui voit faire dans nos temps modernes, des changements qu'il a pu apporter dans la configuration des terres de son bassin, depuis Annibal jusqu'à nous, dans le temps où son lit avait plus de pente qu'aujourd'hui, et mieux comprendre les divisions territoriales de celle époque, qui s'accordent peu avec les noms, et celles indiquées par les Romains. Nous pensons que le nom (Yinsula gallica doit plutôt se traduire par île des Galls, que par île gauloise , du nom de celte grande famille qui la première est venue habiter et