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UNE VIEILLE ÉTYMOLOGIE DU NOM DE LYON 109 Le gaulois sous sa forme la plus ancienne conserve intacte la voyelle finale du premier terme des composés : Biiu-riges, « rois du monde », Litu-genus, « fils de la fête », sont des composés dont le premier terme se termine en u et appartient à une déclinaison analogue à celle du latin manus. Dans les composés dont le premier terme appartient à la déclinaison en o, deuxième déclinaison des latins, Yo final persiste : un exemple bien connu est celui que nous offre le nom du chef gaulois Camulo-genus, plusieurs fois nommé dans les Commentaires de César. Ce nom veut dire « fils de Camulos ». Comparez le nom d'homme Andecamu- los dans une inscription de Ne vers. Le latin classique au contraire affaiblit en i ou perd la voyelle finale du premier terme : Cœli-cola pour cœlo-cola, fruclifer pour fructufer, puer- pera pourpuero-perci, malluvia (cuvette) pour manu-luvia (2). Le nom de Lyon a eu sous la domination romaine deux orthographes; l'une est conforme à la loi de la grammaire gauloise que nous venons de citer : la voyelle finale du premier terme est conservée, d'où la transcription grecque Aoirpi&wjvov, contemporaine de la fondation de la colonie de Lyon par Munatius-Plancus en 43 av. J . - C , ainsi qu'il résulte d'un passage de Dion Cassius ( 3 ) ; la transcription latine est Lugudunum; on la reconnaît dans plusieurs ins- criptions (4). L'autre leçon supprime la voyelle finale du premier (2) Bopp, Grammaire comparée, trad. de M. Bréal, t. IV, p. 334. (3) Dion Cassius, XLVI, 50; cf. Desjardins, Géographie de la Gaule d'après la carte de Peutinger, p. 213. (4) Boissieu, Inscriptions de Lyon, p. 128, 148, 181, 214.