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LE PÈRE DE LA CHA.1ZE. 491 appartiennent à tel homme, à tel livre; tous les hérétiques échappe- raient à ses anathèmes, se moqueraient d'elle et de ses décisions; il leur suffirait de dire , comme les jansénistes , qu'elle ne les a pas entendus, qu'elle ne sait pas lire ; et alors on continuerait à répandre l'erreur tout en accordant à ses oracles un respect dé- risoire et sacrilège : ce serait la souffleter à genoux. Les livres circuleraient malgré ses prohibitions, les sectes subsisteraient dans son sein, quelque effort qu'elle fît pour les en chasser, et resteraient chez elle et malgré elle. Tel fut précisément (comme l'a dit le comte de Maistre dans son li»re de Y Eglise Gallicane), le caractère exceptionnel de cette secte janséniste, la plus sub- tile, la plus hypocrite qui ait jamais existé, voulant rester dans l'Eglise malgré l'Eglise, prétendant lui être fidèle et l'accusant d'ignorer les dogmes, de ne pas comprendre ses propres décrets et de n'avoir pas assez d'intelligence pour démêler le sens d'un livre (1). » Au reste, il est indubitable que les cinq propositions étaient en substance dans YAugustinus. Bossuet, qui l'avait lu très-atten- tivement, non seulement les y trouvait, mais il assurait qu'elles étaient l'âme même du livre de Jansénius (2). Afin de détruire l'équivoque des jansénistes sur la question de fait et de droit, le pape Alexandre VII publia une constitu- tion qui confirmait pleinement celle d'Innocent X, déclarant que la censure de son prédécesseur s'étendait sur le livre même de Jansénius et sur sa doctrine. La bulle fut acceptée par les Prélats qui y joignirent un Formulaire de Foi, afin de le soumettre à la signature de tous les ecclésiastiques du royaume, pour s'as- surer de leur doctrine. Mais la plupart des jansénistes s'y refu- sèrent obstinément, prétendant que Rome n'avait point donné son approbation à cette dernière mesure. Pour en finir avec tous ces subterfuges, Alexandre VII publia une nouvelle constitution dans laquelle il ordonnait « la signa- (1) Provinciales, annotées par l'abbé Maynard, t. II, p. 278 et suiv. (2) Lettre de Bossuet au maréchal de Belleloiuls, 30 septembre 1677. — Œuvres, t. XXXVII, p. 125.