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378 NOTICE SUR M. DE LEZAY-MARNfelA.
Sans doute, M. de Lezay fut parvenu, par tant d'excel-
lentes mesures, Ã changer la face du Quercy ; mais, pour
porter leurs fruits, ses projets exigeaient un temps, ses vues
une suite, que son court passage a la Préfecture du Lot de-
vait rendre impossible.
A cette heure même, les chefs de la réaction, irrités
de sa conduite modérée, effrayés de ses tendances constitu-
tionnelles, faisaient jouer contre«lui toutes leurs batteries ;
ils s'ingéniaient à lui faire perdre l'appui de la députation, Ã
lui enlever la confiance du ministère et, ce qui est plus gra-
ve, ils tentaient de le perdre dans l'esprit de la famille royale.
Ils ne pouvaient surtout lui pardonner l'usage plus que
restreint qu'il avait fait de la loi du 29 octobre 1815, qui
donnait au préfet le pouvoir de faire arrêter et déporter tout
individu signalé comme dangereux. Son administration même
ne s'était point armée de rigueur contre les déportés des
déparlements voisins, internés dans celui du Lot, et plusieurs
d'entre eux avaient rencontré dans le préfet un protecteur,
entre autres, le célèbre Champollion et son frère.
La réaction, avec une persistance incroyable, s'appliquait
a transformer en grief tous les actes, toutes les circons-
tances de sa vie préfectorale. Dans ses tournées officielles,
les populations, qui commençaient à l'apprécier, l'accueil-
laient avec enthousiasme. A Saint-Céré, par exemple, des
arcs de triomphe, ornés des fleurs de la saison, furent dressés
sur son passage ; l'opinion exagérée vit, dans cette exhibition
de fleurs variées, un déploiement de couleurs tricolores :
elle le proclama et parvint à le faire croire.
Sur ces entrefaites, le duc d'Angoulème visita le départe-
ment du Lot. Chose extraordinaire, le prince, en même
temps qu'il se montrait satisfait de l'accueil qu'il recevait,
exprimait a M. de Lezay le mécontentement éprouvé par le
gouvernement et la famille royale a l'occasion du système