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356 VERCINGETORIX,
Je vois tomber tes défenseurs !
En vain sur l'ennemi fondant tète baissée,
Leur sublime valeur, hélas ! s'est surpassée ;
Trahis par le sort des combats,
Ils ne se plaignent pas : ton amour les anime.
Mais Vercingétorix, le guerrier magnanime,
Se dévoûra pour ses soldats.
Qu'on amène au héros son cheval de bataille I
Une larme, une seule, a coulé sur sa main ;
Sous ses armes de guerre il redresse sa taille,
Et marche vers le camp romain !
Aux pieds du proconsul, là , jetant casque et lance,
11 tend aux fers ses mains, noble dans son silence
Et triste sans être abattu.
Hélas ! six ans plus tard, à la honte de Borne,
La hache d'un licteur frappait dans ce grand homme
L'héroïsme de la vertu.
Tel, et fumant encor sous les coups de la foudre,
Historique Titan, un soldat malheureux,
Naguère, alla trouver, sublime dans la poudre,
Un peuple qu'il crut généreux.
On sait le triste sort que lui fît l'Angleterre.
Ce grand dépossédé du trône de la terre
Fut jeté sur un morne écueil...
11 y mourut. Son spectre encor présent au monde,
Le jour où croulera la Ninive de l'onde,
Exultera dans son cercueil.
Par mon ciseau sans art l'Harmodius galliquc
Dans toute sa grandeur n'a pas été sculpté ;
Puisse son dévoûment à la chose publique
Par nous, du moins, être imité !
L'égoïsme longtemps nous a corrodé l'âme.
Sur un autel nouveau quand brillera ta flamme,
Liberté, moderne Vesta !
Qu'elle soit le flambeau qui rend la nuit lucide,
Et non le noir bûcher qui dévorait Alcide
Sur le sommet du mont Min !...
RotxiN, capitaine au 10e dragons.