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A M. VICTOR DE LAPRADE. 299 qui s'est opérée dans notre genre de vie, Paris peut sans cesser d'être la tête et le cœur de la France associer le pays entier au mouvement d'idées qui a fait jusqu'ici à sa supério- rité sur les provinces et la supériorité de la .France sur l'Eu- rope. Or, Lyon doit être la première grande cité appelée à prendre sa part de cette révolution. Nous n'avons pas besoin de rappeler combien la ville en- tière s'est associée au succès de M. de Laprade. Ses nom- breux amis, ses confrères de l'Académie lyonnaise, ses collè- gues de l'Université, les admirateurs de son talent, tous les hommes qui ont le goût de la poésie et ceux qui savent apprécier la noblesse de la vie littéraire, se sont empressés de lui rendre un juste et légitime hommage. On dit, à tort ou a raison, beaucoup de mal de notre temps ; nous sommes pour notre part disposés a être moins sévères, lorsque nous voyons avec quelle unanimité et quel élan Lyon tout entier a salué le triomphe académique d'un nom aimé et déjà cé- lèbre, qui personnifie k ses yeux le spiritualisme le plus élevé et la plus grande dignité du caractère. M. Victor de Laprade qu'on a salué déjà du nom de troisième poète fran- çais, n'a jamais été qu'homme de lettres ; jamais dans sa carrière littéraire il n'a sacrifié aux entraînements de la po- pularité, de la mode, de la fortune ou de l'ambition ; les suffrages de l'Académie française n'en ont que plus de valeur pour celui qui les a reçus, pour ceux qui les ont donnés, et pour ceux qui les ont applaudis. Mais il est temps de laisser parler les orateurs du banquet, et de reproduire les divers toasts portés dans cette fête, où l'Académie de Lyon a associé au triomphe de M. de Laprade son vénérable père, qui lui appartient depuis cinquante un ans et qui célébrait ainsi la plus glorieuse cinquantaine aca- démique. Ce qu'il n'est malheureusement pas possible de reproduire, c'est le ton de franche cordialité et de vive