page suivante »
469
Si le mal de mer est plus fréquent et susceptible de prendre
un plus haut degré d'intensité sur les bâtiments à vapeur que
sur les voiliers, il n'en est pas de même des autres maladies
auxquelles les marins sont sujets; elles sont, sur les premiers,
. moins nombreuses et surtout beaucoup moins graves. En voici
les principales causes : 1» la combustion d'une énorme quan-
tité de houille, nécessaire pour faire manÅ“uvrer une machine Ã
vapeur de la force de 180 chevaux et souvent plus, entretient
dans les parties inférieures du navire des courants d'air, très
favorables à leur salubrité ; 2° comme, jusqu'à présent au moins,
les bâtiments à vapeur n'ont pas été employés à des voyages de
long cours ; et comme la nécessité de renouveler la provision de
charbon oblige souvent les matelots à descendre à terre, ils en
profitent pour s'approvisionner aussi de comestibles frais et de
tous les objets nécessaires à l'entretien de la santé. Ils sont
donc, beaucoup plus que sur les vaisseaux à voile, à l'abri de
toutes les maladies qui naissent d'une mauvaise alimentation et
de l'insalubrité de la cale.
Pendant que je faisais ces diverses observations et que la plu
part des passagers étaient plus ou moins tourmentés par le mal _
de mer, le bâtiment avançait rapidement, poussé qu'il était alors
par le sud-ouest qui avait cessé de nous être contraire, et, le
30 avril, nous étions rentrés dans Mahon. Cette fois, il nous fut
permis de visiter la ville : trois jours d'ailleurs s'étaient écoulés
en allées et venues en face des iles Baléares ; M. le gouverneur
ne nous fit donc grâce que d'un seul jour, puisque la quarantaine
n'est que de quatre.
La ville de Mahon est la patrie du doyen de la Faculté de mé-
decine de Paris, M. Orfila, et le nom de ce médecin distingué,
de ce savant chimiste, est en vénération dans cette île, comme il
est, en France, l'objet de l'estime et de la reconnaissance de
tous les hommes qui portent quelque intérêt aux progrès de la
médecine et à la réforme de ses institutions.
Parfaitement accueilli par M. Wals , consul de France, et ac-
compagné par un de ses parens, je visitai la ville et ses établis-
sements principaux; une population de 22 mille âmes, des rues
en général assez droites, un pavé plat et bien entretenu, des