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de feux d'artifices et de toutes les fêtes et marques de joie qu'on put imaginer
pour honorer cette auguste cérémonie (1).
Le légat qui avait reçu les instructions du pape avant son départ , passa par
Turin, où il s'aboucha avec le duc de Savoie, et l'engagea de terminer avec la
France une guerre ruineuse à ses étals ; il en tira parole de se prêter à des pro-
positions convenables aux deux parties : le légat étant à Lyon en conféra avec le
roi, et ménagea cette négociation avec tant de prudence, qu'il parvint à faire
convenir ces deux princes sur leurs prétentions. Le duc consentit enfin à un
échange des provinces de Bresse et du Bugey, pays, de Gex et de Yalromey, cé-
dés à la France pour l'équivalent du marquisat de Saluées que le due garderait,
et le roi rendit au duc toutes ses conquêtes de Savoie. Cet échange avantageux
aux deux souverains étant réglé par la sage médiation du légat, la paix fut aussitôt
conclue et publiée à Lyon ( le 17 janvier 1601), où l'on chanta le Te Deiim dans
l'église primatiale, et ensuite dans tout le royaume.
La reine, pendant son séjour à Lyon, commença à donner des inarques de
grossesse qui redoublèrent la joie fondée sur tant d'heureux succès. Le roi ordonna
des courses de bagues et autres exercices pour donner du divertissement à la
reine, et ces fêtes durèrent jusqu'à son départ. Ce prince partit de Lyon peu
après en poste pour revenir à Paris, où la reine avec sa cour la suivit à petites
journées.
Cette grande reine donna, pendant le séjour qu'elle fit en cette ville , des
marques scnsibles.de bonté; elle accepta la prière qui lui fut faite par Estienne
Bonvisi, gentilhomme lucquois , de tenir son fils sur les fonts de baptême avec le
cardinal-légat. La cérémonie en fut faite par l'archevêque de Lyou, dans l'église
de Saint-Laurent. Cette famille lucquoise, d'une ancienne noblesse et décorée
de la pourpre romaine , était établie à Lyon depuis un siècle , où elle faisait une
figure honorable, et Vincent Bonvisi, dans le siècle précédent, s'était fait une
réputation distinguée en recevant chez lui les grands seigneurs français et étran-
gers qui passaient à Lyon.
Pendant le séjour de LL. MM. , Guillaume de Gadagne , seigneur deBothcon et
comte de Verdun, mourut ; il était chevalier des ordres du roi, lieutenant de roi
au gouvernement de Lyon, et sénéchal. Il avait donné de grandes preuves de
fidélité au service «lu roi pendant la Ligue , et il n'avait pas dépendu de son zèle
que les Lyonnais ne restassent attachés à leur devoir (2). Le roi, après l'avoir ré-
compensé pendant sa vie en le comblant d'honneurs, voulut les continuer après
sa mort, en nommant lieutenant de roi Jacques Mitte de Chevrières, seigneur de
Saint-Chamond, premier baron de Lyonnais, chevalier des ordres du roi, qui
( l ) Voyez THlST. DE Fil. de Pierre MaUbicu , t. i, p. 679, édit. de 1609 , in-8° ; LA SEPTENAIRE
de Cayet, p. 191 et sniv. ; édit. de 1612 , in-!X
O ) Voyez l'H/ST. M; I'.VON par 0 . de Rubys , p. 4 5 ; ; l'Or.DKE BB SAlNT-EspiUT , l'ar S;uiit-
Poix , éd. in-8», p . /i/|5 ; VUisl. uLsii.il,OGilJVE, par le T. Anselme , l. IX , p, 130,