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                          SONNET            '               461




                        NOËL!

   Les monts se sont vêtus de leur manteau d'argent ;
   Car c'est le jour pieux où les communiantes,
   Le front couvert d'un voile aux blancheurs éclatantes,
   Vers la table sacrée hâtent leur pas tremblant.

   Dans l'église, il fait nuit ; l'autel ètincelant,
   Seul, revêt de rayons ce troupeau de ferventes
   Qui viennent, l'œil noyé de larmes repentantes,
   Chercher le port béni que n'agite aucun vent.

   Dehors, le monts sont purs; le soleil qui les rase
   Sur leurs mates blancheurs met un reflet de feu,
   Et sème leur manteau de pourpre et de topaze.

   Si bien que l'œil, rempli des splendeurs du saint lieu
   Et des lumières d'or scintillant sous la gaze,
   Doit voir les monts voilés qui s'approchent de Dieu !

                                     SA1NT-QUIRIN.
Briançon, Noël 1885.