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502 LES JUIFS DANS LE MONDE.
travaux viennent de le faire nommer membre de notre Institut qui
déjà possédait à ce titre ses deux savants co-rcligionnaires, M. Franck
et M. Halévy.
Ala révolution de 1848, à Berlin, les Juifs se sont montrés les pre-
miers sur les barficades parce qu'ils avaient le plus de droits Ã
conquérir. On leur en a concédé plusieurs et entre autres celui du
mariage avec les chrétiens. Mais depuis, un ministère piétiste le
leur a retiré. Qu'an ivera-t-il? C'est qu'à la première révolution les
Juifs seront encore les premiers sur les barricades parce que ce sont
toujours eux qui auront le plus de droits à conquérir, et le premier
de tous les droits dans nos sociétés modernes, l'égalité civile.
Il nous serait difficile de donner la liste des célébrités en tous
genres que peuvent réclamer les Juifs allemands, n'ayant pris aucune
note à ce snjet : d'autant plus que cette liste serait fort longue, car,
si nous en croyons certains renseignements, ils ne compteraient pas
moins de cinq cents illustrations dans les arts, les sciences, la philo-
sophie, la littérature ; parmi les rédacteurs des journaux politiques
de la Prusse et de l'Autriche, un très grand nombre seraient
Israélites.
Nous nous bornerons donc à citer les noms qui nous reviennent Ã
la mémoire, ou qu'on nous a rappelés, d'abord, parmi les Juifs non
baptisés :
Le poète autrichien Saphir, mort tout récemment;
Meyerbeer, la plus grande illustration actuelle de l'Allemagne
musicale ;
Stern, professeur ordinaire, à l'Université de Gœttingue ;
Gustave Wi'il, professeur extra-ordinaire d'hébreu, et bibliothé-
caire de l'Université de Hcidclbcrg (1) ;
Valentin, professeur ordinaire de physiologie à l'Université de
Berne ;
(1) M. Gustave Weil, orientaliste distingué, occupe à Heidel-
berg la chaire d'hébreu, mais seulement à titre de professeur extra-
ordinaire, avec 200 florins (630 fr.) d'appointements, environ ce que
reçoit un des sous-bedeaux, agents subalternes de la police univer-
sitaire; et cela, après avoir été 23 ans bibliothécaire de l'Université,
et la publication de nombreux ouvrages, dont un seul sans doute eut
suffi à assurer à un chrétien une place do professeur ordinaire.
L'enseignement de M. Weil, n'est pas le moins du monde enjeu,
puisque le ministre du duc de Bade a cx'gé qu'il continuât son cours
comme par le passé,— c'est-à -dire, sans appointements, et sous le
titre de professeur extra-ordinaire. C'est une nouvelle manière d'ex-
ploiter les Juifs inconnue du moyen-Ã ge. Nous recommandons cette
mesure économique aux Universités et aux Gouvernements obérçs,
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