Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
              PEINTRE ET TAILLEUR D'HISTOIRES                    257
   Le moment était propice, parceque le goût des
lettres et la curiosité de l'esprit étaient très vifs, parce
qu'il y avait alors une grande liberté pour la manifes-
tation de la pensée, et ce mouvement a été, malgré
les apparences, tout français.

   Un savant étranger, R. C. Christie, qui a pris l'his-
toire de la vie et des écrits d'Etienne Dolet pour
thème d'une étude des idées en France au milieu du
xvie siècle ( i ) , a porté sur l'état des esprits et des
choses à Lyon un jugement dont nous contestons
l'exactitude en plus d'un point. Non, « en civilisation
comme en commerce », la ville de Lyon n'était pas
plus italienne que française ; non, ce n'est pas à la
colonie italienne de Lyon que cette ville a dû l'in-
troduction de la manufacture des étoffes de soie (2) ;
non, les Italiens n'ont, à aucune époqne, montré à
Lyon l'excellence dans les arts à laquelle ils se sont
élevés au-delà des Alpes (3).



   (1) Etienne Dolet, The martyr of the Renaissance, 1880.
   (2) R. C. Christie, p. 161.
   (3) C'est Louis XI qui ordonna, par ses lettres données à Orléans
le 23 novembre 1466, d'introduire à Lyon « l'art et ouvraige de
faire les draps d'or et de soye, en laquelle (ville) comme l'on dit
en y a ja aucun commencement. » C'est lui qui prit à son service
et c'est le Consulat qui paya les ouvriers, « faiseurs de draps de
soye,... venus de la nacion d'Itallie et de la nacion de Grèce. »
Soixante-dix ans plus tard, c'est encore le roi, c'est François I er ,
qui donna, « sur l'umble supplicacion » des conseillers de Lyon, les
lettres d'octobre 1536 par lesquelles des privilèges et des franchises
furent concédés qui ont formé un nouveau point de départ de la