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258                     BERNARD SALOMON

    A la suite d'événements historiques dont nous
 n'avons pas à retracer le cours et par suite de sa posi-
 tion géographique, Lyon a contenu une population
 relativement nombreuse, originaire de presque tous les
 États italiens, population intelligente, ardente, quelque-
 fois trop ardente. C'est par Lyon que s'est produit ce
 courant d'émigration d'Italie de maîtres italiens qui a
 été une des conséquences des campagnes de Charles VIII,
 de Louis XII et de François I" et dont on n'observe
 guère l'influence que dans le cercle assez étroit des
 résidences royales. Ruineuses pour la France, ces
 guerres servirent de toute façon les intérêts de la ville
 de Lyon. En fait néanmoins, à Lyon, la part des Ita-
 liens dans nos travaux d'art a été très faible, ou plu-
 tôt les Italiens ont formé une très petite minorité
 parmi nos maîtres de métier. Sur seize cents peintres,
 sculpteurs et graveurs, nous n'en connnaissons que
 douze d'Italiens (1). Le plus grand nombre des monu-
ments de nos arts, au moins à Lyon, sont l'œuvre
de mains françaises (2), et, dans presque toutes les
"directions, la France a eu sa propre école d'art et
d'incomparables ouvriers formés à cette école.
   Nous n'avons donc pas à faire honneur aux Italiens


longue suite d'entreprises auxquelles Lyon doit sa merveilleuse
fabrique d'étoffes de soie. (N. Rondot, l'Industrie de la soie, 1875,
p. 77 à 80, et l'Industrie de la soie en France, 1894, p. 42 à 47.)
   (1) N. Rondot, les Artistes et les Maîtres de métier étrangers
ayant travaillé à Lyon, 1883.
   (2) Quels sont à Lyon les édifices élevés par les Italiens qui
rivalisaient, suivant M. Christie, quant à la grandeur et la noblesse,
avec ceux de Florence ou de Lucques?