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SONNETS
ORIENS (I)
A CH. FLORENTIN-LORIOT.
Exarat pacem divutn.
VIRGILE.
Quand les fleurs ont ouvert leurs yeux frais à l'Aurore
Qui, dans son char ailé, ramène le matin,
Et sur l'arc infléchi de Vhorizon lointain
Fuit devant la clarté du soleil faible encore,
Un hymne de couleurs, vers le ciel qui se dore,
Monte avec des parfums de narcisse et de thym,
Mêlant sa symphonie au ramage mutin
Des oiseaux saluant le jour tout près d'éclore.
L'air est si transparent, si suave et si pur,
Sous le dais lumineux et profond de l'azur,
Que du vieil univers la face est rajeunie,
Car les monts, les coteaux, les arbres et les près
Où le méandre court des brouillards empourprés,
Sont pleins d'arômes doux et de paix infinie.
(i) Toutes les pièces qui suivent font partie d'un volume de vers
intitulé : Les Mirages, qui paraîtra en février prochain, chez A. Lemerre
(Paris).