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I38                JÉSUITE ET CHARTREUX

gieux de Saint-Germain et les plus illustres membres de la
Compagnie de Jésus, comme il convient entre savants
passionnés pour l'étude et la vérité ; un grand nombre de
lettres des érudits que nous avons nommés plus haut et de
leurs confrères belges, Bolland et Papebroch, témoigne en
quelle estime on se tenait réciproquement.
   Entre tous ces hommes studieux, le Père Théophile
Raynaud n'était pas un des moins célèbres ; £a longue
carrière, son enseignement et ses livres lui avaient acquis
une très légitime notoriété. La plus grande partie de sa vie
s'était passée à Lyon, au fameux collège de la Trinité, où il
avait professé la philosophie et la théologie.
   Il appartenait par sa naissance au comté de Nice, ayant
vu le jour à Sorpello en 1583 (1). Il possédait un talent
aussi fécond que varié et je ne sais vraiment pas quelle
matière il n'a pas abordée. On trouve de tout dans les vingt
volumes in-folio, qui composent ses oeuvres complètes,
jusques à un traité sur les chapeaux qui n'a rien de commun,
je pense, avec le chapitre d'Aristote (2).
   Il avait en particulier édité les écrits de plusieurs Pères
 de l'Église, entre autres de saint Anselme et de saint Léon
le Grand. Rien de surprenant alors qu'il ait été consulté sur
 des publications similaires et qu'il proposa son avis, comme
 nous le témoigne la première lettre de lui que nous


  (1) Vid. : Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, par
Augustin de Backer et Sommervojel, S. J. Louvain, 1876.
  (2) Theophili Raymudi Societatis Jesu theohgi Opéra omnia, tant hactenus
édita quant alias excusa, Jongo auctoris labore aucla et emendata
  Lugduni, sumpt. Horatii Boissat et Georgi Remeus, 1665, avec le
portrait de l'auteur.
  Le P. Raynaud ne vit point la fin de cette édition; le soin de l'ache-
ver passa après sa mort à un de ses confrères.