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                          IZERN0RE                        297

l'érection de l'autel d'Auguste à Lyon s'empressèrent
d'élever à cette divinité nouvelle des autels dans leur pays.
    « Plusieurs monuments, ajoute'M. Baux, portent encore
« témoignage de ce fait à Narbonne, à Saintes et ailleurs,
« serait-il donc téméraire de supposer que l'Ara d'Izernore
« fut élevé dans les mêmes circonstances et pour le même
 « motif? »
   Je dois dire qu'une pareille conclusion loin de me paraître
téméraire est au contraire très probable mais elle semble
contredire dès lors cette opinion que le temple élevé, je le
répète, à une certaine distance de l'Ara, fut comme elle
élevé à Rome et à Auguste.
    Quant au doigt de bronze, ce prétendu doigt de femme,
il a été l'objet de ma part d'unn sérieuse étude. Un fac-
similé en plâtre, fac-similé identique et moulé sur le bronze
m'a été très obligeamment adressé par MM. Millet-Bottier
et Brossard, archiviste départemental à Bourg, et je le pos-
sède actuellement.
   Je l'ai montré à plusieurs antiquaires et statuaires ; tous
après l'avoir examiné attentivement ont constaté d'abord
qu'il n'était pas d'une bonne époque de l'art romain et
appartenait déjà à l'époque de la décadence.
    Le modelé est imparfait. Les proportions entre la
 première et la deuxième phalange ne sont pas rigoureuse-
 ment observées. Tous m'ont déclaré aussi qu'il était impos-
sible d'affirmer que ce fût là plutôt un doigt de femme
 qu'un doigt d'homme.
    Je ne suis pas contenté de ce premier résultat, je me suis
 adressé à l'obligeance du docteur Lacassagne, professeur de
 médecine légale à la Faculté de Lyon et fort habile (je le
 sais mieux que personne) à reconstituer un corps, avec
 quelques fragments livrés à ses savantes investigations.