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EN TOSCANE ET EN OMBRÃE 215 le souvenir des longues heures passées là , en prières, en cérémonies, en prédication par l'évêquede Pérouse Joachim Pecci, durant les trente-trois lentes années de son épiscopat. Le Palais épiscopal est auprès du Dôme, des fenêtres du musée on voit la petite terrasse où le cardinal Pecci se reposait aux fraîcheurs des nuits estivales, en face des splen- deurs de la nature de l'Ombrie, se préparant au règne le plus illustre, au pontificat le plus bienfaisant, enfin à l'ac- complissement de son étoile (lumen in ccelo !) Dans Pérouse, le Pape Léon XIII (Papa Pecci comme l'appellent les Pérugins) est profondément aimé et vénéré : son inépuisable charité, ses rapports courtois avec les nou- velles autorités piémontaises, sa largeur de vues, son amour pour les humbles, l'avaient rendu tout à fait populaire à une époque de réaction violente contre le haut clergé, dans les États Pontificaux après les événements de 1860. Le cardinal Pecci devenu pape a prodigué ses bienfaits et ses grâces à Pérouse, plusieurs enfants de la ville ont illus- tré le Sacré Collège et en novembre 1892 Léon XIII donnait au Dôme une magnifique statue de marbre, le représentant assis, tiare en tête, enseignant le monde : cette statue extraordinairement réussie, est l'Å“uvre d'un sculpteur américain, c'est avec le célèbre portrait du peintre bavarois Lembach la meilleure ressemblance du plus auguste mais du plus difficile des modèles. Les deux églises vraiment artistiques de Pérouse sont au faubourg Fuori Santa-Croce, Saint-Dominique dont les vastes nefs gothiques modernisées par Maderna ont été dépouillées des nombreuses peintures maintenant au mu- sée, elles abritent le tombeau du pape Benoît XI (11), (11) Saint Benoît XI, pape de 1303 à 1304,filsd'un berger de Tré-