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44*> N PORTUGAL
sans doute, donner un peu de goût aux dames portugaises,
malgré ses efforts et son exemple constant, le goût et l'élé-
gance s'arrêtent encore à la frontière espagnole!
Grâce à une intelligence hors ligne, grâce à un tact par-
fait, à un savoir-faire de douairière (6), la jeune duchesse
Amélie de Bragance-Orléans, a pleinement réussi dans sa
nouvelle famille, parfois agitée par les nerfs délicats de la
reine, et dans le peuple, toujours hostile aux étrangers. La
douce et juvénile influence de la souriante reine française
s'étendra sur le Portugal, sans craindre de blesser les sou-
venirs du précédent règne, S. M. Dona Maria-Pia, ayant
l'intention de se retirer dans son cher Turin, au milieu des
fidèles Piémontais, qui n'ont pu oublié la noble fille de
Savoie. Le prince Carlos (7) a bien le type joyeusement
frais et blond des Cobourg, son intelligence aussi est
fraîche, gaie, ouverte à toutes les modernités. Le ménage
Bragance s'adore, son bonheur est complet, la santé du
petit prince de Beira superbe, on espère bientôt un second
enfant. La popularité du roi Carlos et de la reine Amélie
s'épanouira de tout le charme de la jeunesse, les Portugais
seront touchés des sacrifices faits sans hésiter par le cœur
filial de leur souveraine à certaines antipathies nationales
envers le comte et surtout la comtesse de Paris, dont la
mésintelligence avec la reine Pia n'a été un secret pour
personne. Le duc et la duchesse habitaient, Ã Lisbonne, le
palais fort triste de Bélem, aussi comme de simples amou-
reux, s'enfuyaient-ils souvent, avec quelques intimes, dans
leur vieux manoir de Villaviciosa, perdu dans les immenses
(6) A présent, S. M. la reine Dona Amalia.
(7) A présent, S. M. Don Carlos I.