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s
2IO BEAUX-ARTS
lier, tout ce qui est digne d'intérêt a été reproduit, et il n'a
épargné pour cela aucune peine, ni aucun sacrifice.
Le château lui-même nous est ensuite représenté dans
toutes ses perspectives.
Nous sommes introduits dans ses vastes galeries, aux
majestueux lambris, soutenus par d'élégantes colonnes ;
nous gravissons la rampe intérieure qui y conduit; nous
pénétrons sous ces arcades retombant sur des pilastres aux
proportions parfaites, et nous admirons les effets de clair-
obscur, à la manière du célèbre peintre d'intérieur Granet,
obtenus par le choix des moments de la lumière, et aussi
par l'habileté de l'artiste à se faire obéir d'une machine
inconsciente. Après avoir parcouru toutes les différentes
parties du corps de logis, nous entrons dans cette fameuse
salle dite : La Grotte, et qui sert de vestibule à la chapelle.
Ce contact du sacré et du profane, résultant du voisi-
nage si immédiat d'un sanctuaire pieux, avec une salle
ornée de sujets mythologiques, est un exemple qui se
rencontre au château de La Bâtie, de cet amalgame discor-
dant que faisait la Renaissance, des idées chrétiennes avec
celles du paganisme. Cette association nous choque aujour-
d'hui; en ce temps-là , elle était trouvée toute naturelle,
même dans les compositions d'esprit.
On a eu recours pour la décoration de cette grotte, et
des reliefs qui y sont adhérents, à une mosaïque en petits
cailloux entremêlés de coquillages de différentes nuances.
Chose remarquable, le fruste des matériaux employés
n'empêche pas le fini, ni même le modelé de l'ouvrage.
Cette salle est ornée de figures allégoriques, et de divi-
nités de la Fable, non dénuées de caractère.
Ces Faunes, ces Termes, ces Tritons, parmi lesquels
figure le dieu de la Mer, sont d'un style assez pur.