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            LE CHATEAU DE LA BATIE EN FOREZ               207

l'un de ses ancêtres, elle était cantonnée dans l'antique
forteresse féodale, située sur les âpres sommets qui sépa-
rent le Forez de l'Auvergne ; à peine en reste-t-il quelques
vieilles tours démantelées.
   Il signale ceux des seigneurs d'Urfé qui ont occupé de
hautes positions, et qui ont joué des rôles importants dans
les affaires du pays.
   Presque tous ont rendu la justice dans le bailliage de
Forez; quelques-uns ont servi la France sur les champs de
bataille; d'autres, passionnés parle mouvement intellectuel
de la Renaissance, se sont adonnés aux arts ou aux lettres;
parmi ceux qui ont été d'église, l'un a été membre du
Chapitre des comtes de Lyon, l'autre est mort évêque de
Limoges, en odeur de sainteté. Le plus illustre de tous est
Claude d'Urfé, fils de Pierre d'Urfé, grand écuyer de
France.
   Dès sa jeunesse, il est appelé aux plus hautes dignités de
la Cour. François Ier et plus tard Henri II l'attachent à leur
personne. Il devient en 1535 bailli de Forez, chambellan
de la maison du roi, lieutenant des cent gentilhommes qui
la composent; à son retour de Rome, où il avait été envoyé
comme ambassadeur près du Saint-Siège, et aux deux ses-
sions du Concile de Trente tenues à Bologne en 1547,
il est nommé, en récompense de ses services, gouverneur
des enfants royaux, surintendant de la maison du roi, et
membre du Conseil privé.
   Au milieu d'une vie si agitée, il éprouve le besoin d'une
retraite paisible; il y cherche une diversion aux affaires, et
une satisfaction aux goûts artistiques qui sont un apanage
de sa famille.
   Il entreprend de transformer cette demeure champêtre
de La Bâtie déjà restaurée par son père; elle était située