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        UNE VIEILLE ÉTYMOLOGIE DU NOM DE LYON                II1

ment fort intéressante, ait une valeur grammaticale supé-
rieure à celle des innombrables étymologies fausses que le
peuple adopte ou à tant d'autres étymologies d'aussi mé-
diocre valeur, qui sont restées dans les livres des savants
sans se répandre au dehors. Telle est son explication du
nom de Lyon par desideratum montent dans le glossaire
gaulois anonyme qu'Endlicher a publié et qui date proba-
blement du Ve siècle de notre ère (5). Telle est aussi celle
de Rhodanus par Rho « nimium » et par dan « judicem »
dans le même document. Il existe en effet un préfixe cel-
tique ro « beaucoup ». Mais dan est le nom d'un fils de
Jacob, ancêtre d'une tribu d'Israël, et le judicem du glossaire
gaulois découvert par Endlicher tire son origine soit de
l'article Dan, judicium, aut judicans, inséré par saint Jérôme
dans son Liber de nominibus hebraicis (6), soit du passage de
Rufin, De bmedictionibus patriarcharum, où on lit Dan judi-
cium vel judex interpretatur (7). Ainsi les rêveries des celto-
manes ne datent pas du vénérable Latour d'Auvergne et
de l'Académie celtique.
   Il y a encore aujourd'hui d'honnêtes gens qui, comme
l'auteur du glossaire gaulois trouvé par Endlicher, expliquent
le celtique par l'hébreu. Mais quoique leur méthode, quand
il s'agit du mot Rhodanus, remonte au ve siècle de notre ère,
elle se heurte à une difficulté inattendue. Il n'est pas prouvé
que Rhodanus soit celtique. Ce mot est vraisemblablement
ligure, comme le nom de Po'ravoç, de Corse, mentionné



  (5) Voyez Whitley Stokes, dans la Revue archéologique, t. XVII,
p. 340 et suivantes.
  (6) Migne, Patrologia Mina, t. XXIII, col. 777-778, 787.
   (7) Migne, Patrologia lalina, t. XXI, col. 322 B.