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                        M. ALEXANDRE DL'MAS.                               151
   Revenons au théâtre Montpensier. Nous avons raconté de quelle
manière M. Dumas avait été accueilli au Palais-Royal, et comment
le duc d'Orléans avait prêté les mains au succès d'Henri III. Quel-
ques jours après cet événement, qui décidait de sa destinée, M.
Dumas échangeait son emploi d'expéditionnaire contre la place de
bibliothécaire du Palais-Royal. La révolution de juillet arriva sur
ces entrefaites, et, s'il faut l'en croire, l'auteur à'Antony, après
s'être mêlé aux combattants des trois jours, se livra désormais tout
à la politique. Une ambition nouvelle, plus puissante et moins pure
que l'ambition littéraire, s'était emparée de lui, quand il avait vu
la couronne de France posée sur le front du duc d'Orléans. Quelles
furent alors les prétentions du jeune écrivain que les hasards d'une
révolution trouvaient si heureusement à l'ombre protectrice d'une
royauté nouvelle ? Quelle part demauda-t-il dans la curée qui suivit
la chute des Bourbons? Le roi des Français oublia-t-il, non les in-
jures, mais les bienfaits du duc d'Orléans:' Nous ne savons ; mais
 voilà qu'on entend de sinistres récriminations sortir de la bouche
de M. Dumas. « Après une révolutiou, s'écrie-t-il, ou doit haïr les
hommes; mais après deux révolutions, on ne peut plus que les
mépriser. <> Puis il court en Vendée " pour y calculer les batte-
 ments du parti royaliste. Ce pays-là du moins, ajoute-t-il, est un
pays loyal, et qui ne change pas, » A son retour, il accommode en
 mélodrame la grande épopée de Napoléon ; il fait imprimer la pièce;
et, dans une profession de foi placée en tête de l'œuvre, par manière


dans le feuilleton de ta Preste, s'en prenait à M. "Védel, directeur du Théâtre-
Français, comme il s'était déjà attaqué à M. Harel, directeur de la Porte-
Saint-Martin. Mais ces récriminations ne sont rien auprès de celles dont
la Démocratie pacifique et la Presse se firent l'écho contre le commissaire
royal du Théâtre-Français. Ces numéros sont curieux à lire pour leur acri-
monieuse violence et leurs spirituelles saillies. M. Dumas ne sait pas ce que
c'est que de désarmer courtoisement un adversaire. Il se rue sur lui avec
toute l'impétuosité de son naturel africain ; il l'assomme à coups de massue,
le perce à coups de poignard, lui fait avaler la coupe de poison, et comme
si tout cela ne suffisait point, il foule aux pieds son cadavre en éclatant
 de rire, tomme Polichinelle aux derniers soupirs de ses nomhreuses victimes.