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                           JEAN P I L L E H O T T E                          579
   Près de lui, reposaient les Gros de Saint-Joire, les la Ghana, de
Lyon, les Bonvisi, les Samminiati, les Guinigi et autres Guelfes
que la politique avait chassés de leur patrie. Leurs cendres à tous
furent dispersées quand l'église, qui tombait en ruines, fut démolie
en 1755.
   Jacques, le fils de Jean II, dédaigna l'état qui avait enrichi sa
famille et il entra dans la robe qui le conduisit tout droit à la
noblesse titrée et aux grandeurs. Nous le trouvons d'abord
conseiller et garde des sceaux en la Sénéchaussée et siège présidial
de Lyon ; puis, le 12 août 1652, il acquit de François de la Poype,
seigneur de Vertrieux, le château et la seigneurie de Messimy en
Dombes. Le château, réparé il y a peu d'années, d'après les plans
primitifs, est un des plus beaux de la contrée. Le 23 janvier 1658,
il acquit de Mmo la marquise de Miribel, veuve du comte de Bar-
rault, la justice haute, moyenne et basse de la Pape, Crepieux et
terres en dépendant. Le 11 mars de la même année, il fut pourvu
de la charge de maître des requêtes en la Cour du Parlement de
Dombes, en remplacement de noble Constant de Silvecane, homme
de lettres, traducteur, en vers français, de Perse et de Juvénal, plus
tard président de la Cour des Monnaies de Paris 1 .
   En 1661, noble Jacques Pillehotte, que sa place n'attachait pas
trop étroitement à Trévoux, fut nommé administrateur de l'Hôtel-
Dieu de Lyon,
   Cette fois nous voici parvenus aux plus hauts sommets de la
prospérité.
   Noble donc parmi les nobles, grand parmi les grands, Jacques
Pillehotte, seigneur de la Pape et de Messimy, donna sa fille
Marianne en mariage, en 1674, à Charles de Cambis, marquis
d'Orsan. Il ne fallait rien moins qu'un marquis pour la petite fille
des imprimeurs de la rue Mercière. La jeune femme, en échange
de la couronne de marquise qu'on mettait sur son front, appor-
tait en dot à son mari : la Pape, Messimy, des immeubles en ville
et d'autres grands biens. Mais si le gentilhomme avait éprouvé le
besoin de redorer son blason, peut-être ne sut-il pas se retenir sur

  1
     Voir la savante bibliothèque dombiste de M. Valentin-Smith, conseiller hono-
raire à la Cour d'appel de P aris.