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650                           LA REVUE LYONNAISE
Re-cum-mando = recommandou, recommande II 369.
Mundum = mondou, monde II 349.
Miraculum = miraclou, miracle II 351.
Formaticum = fromajou, fromage II 384.
Diabolum = diablou, diable I 49, II 262.
Signum = signou, signe A 103.


      LES TROISIÈMES            P E R S O N N E S DU     PLURIEL EN LYONNAIS

   Les formes que je me propose d'étudier dans ce paragraphe ont
ceci de commun qu'elles présentent toutes une atone post-tonique
en position : amant, vàdunt, etc. Dans cette situation, l'atone ne
pouvait manquer de persister : voyons quel traitement lui a fait
subir notre dialecte.
   Je ne saurais mieux faire que de suivre la méthode lumineuse
 de M. Paul Meyer qui, dans la Komania, a exposé avec une remar-
quable précision quel avait été le sort des troisièmes personnes du
pluriel en provençal '•'. Je diviserai donc cette partie de mon travail
en trois paragraphes correspondant aux trois types différents
auxquels peuvent se ramener les troisièmes personnes du pluriel
latin.
   I. HABENT, FACIUNT., VADUNT. Il convient d'ajouter à ces trois formes,
les seules envisagées par M. P. Meyer, la forme sapiunt. Le résultat
de tous ces types étant identique en lyonnais je supposerai, avec
l'éminent directeur de l'École des Chartes, qu'à l'époque préhis-
torique des langues romanes la terminaison unt s'était substituée
dans habent à la terminaison ent, que dans faciunt le son spirant
ne s'étant pas produit la consonne médiale s'est exceptionnelle-
ment effacée, et en outre que dans sapiunt, le groupe pi en hiatus
a disparu anormalement sans laisser de traces. L'u post-tonique est
alors tombé de même que dans l'italien hanno, fanno, vanno, sanno
et l'on a eu les formes an, fan. van et san constantes dans nos textes.
Habent = an, ont I 33, 118, etc., II 1, 4, 6, 171, etc., A 188.
Faciunt =fan, font I 123, 124, 125, etc., II 166, 173, 209, 222, etc.

  (1) P. Meyer, Les troisièmes personnes du pluriel en provençal, Romania, IX, 192. P. 198,
note 5, notre savant maître dit que l'italien Sanno « n'a pas de correspondant exact en pro-
vençal non plus qu'en français ; » nous verrons au texte que ce corresnondant existe en lyonnais.