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580                 LA R E V U E LYONNAISE

la voie des prodigalités. Peut-être la jeune femme courut-elle
d'elle-même aux plaisirs et à la dépense. Quoi qu'il en soit, on vit
ce qui arrive trop souvent. Le bourgeois gagne et le noble dépense.
Cent ans bannière, cent ans civière, disaient nos ayeux. Le
18 décembre 1686, les deux époux vendirent Messimy à Bernard
Desrioux, bourgeois de Lyon, ancien ferratier, qui prit le nom de
Des Rioux et fit de son fils, noble Des Rioux de Messimy, un
conseiller, puis un premier président au Parlement de Dombes.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que les négociants et bourgeois lyonnais
ont le goût des seigneuries et des châteaux forts. Ce sont des
échelons qui peuvent monter haut. En 1699, la seigneurie de
Messimy fut érigée en comté. Plus heureuse et plus prudente, la
famille s'y maintint jusqu'à nos jours. Le 27 janvier 1848, c'est
dans sa terre de Messimy que M. le comte Antoine des Rioux,
conseiller à la Cour d'appel de Dijon, est décédé au milieu des
siens.
   Pendant que les Rioux prospéraient ainsi, que devenaient donc
les Pillehotte, ou plutôt les Cambis, marquis d'Orsan? Où avait
passé leur fortune si laborieusement amassée ? A quelles dissipa-
tions se livraient donc ces nobles seigneurs qui ne savaient même
pas conserver les domaines qu'une humble bourgeoisie leur avait
légués? La terre de Messimy était partie; le reste suivit. Peu
d'années après, le marquis d'Orsan, du consentement de sa femme
et de son fils, vendit la Pape à Jacques de Colabaud, écuyer,
ancien échevin. Le contrat fut passé le 25 février 1699, juste la
même année où la terre de Messimy devenait comté. Etait-ce la
ruine? Etait-ce la fin des Pillehotte et des Cambis? En ce cas, le
travail étant interdit à ces nobles mains, rien ne restait plus que
la ressource d'aller coqueter à Versailles et d'y solliciter les
faveurs si enviées du vieux roi,
   D'après Guichenon, cité par Révérend du Mesnil, les Pillehotte
portaient : d'azur, à un lion passant de sable (couleur sur
 couleur); la tête et le col de gueules; au chef d'azur (cousu,
alors ?) chargé d'une aigle d'or, accompagnée de deux étoiles
d'argent.
   Voici le texte même de Guichenon :
   Histoire de la Souveraineté de Dombes, livre VII :