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498                        LA REVUE LYONNAISE

                                   LA G U I L L A U M E

       Ne te souvin tu pas de cela l'autrou iour,                          175
       Que ne beve que d'aiguë, que nous fi cely tour
       De trempa noutron vin.
                                    LA BERNARDE

                              O la faussa Carrony,
      Le fu ben attrapa, don elle u grand vergouny,
      Tirant de vin à la cava le bevy per trey fey ;
      Lou drolou qu'u veyet criet : « La Reyna bey !»             180
      Dret qu'elle l'entendy le tomby à la renversa,
      Et mon drolou dessus ly bailly la traversa ;
      Ella ly diset : « Llaudou, mon Dieu n'u dicte pas. »
      « Non, n'aye pas pou foilla, te foy-jou ma ? »
      « Se noutre gen u sav'iant ie serain miserabla ;            185
      « Mon Dieu, depeschi vous, ben tou qui son a tabla. »
      « Jamais ie n'u deray, j'aimerin mieux estre mort,
      « Qu'a-t-ey (') de nous deux dray, dit mey, te foy jou tort ? »
                                  LA G U I L L A U M E

      Yl este bon enfant, y fit ben per mon arma,
      Et ie ne crayou pas qu'elle criyse alarma.                          190
                                   LA BERNARDE

      Et cela l'autrou iour qu'este si ben para,
      Avoy que son biau groin si roujou & affara,
      Que nous venave dire : « Mon Dieu vous autre fume
      Depaichi vous, autramen faudra qu'on vous allume,
      Madamoisella a dit que vous dévia avey fait. »                      195
                                 LA    GUILLAUME

      Quoqu'vn la ben confia, lo diablo lo retrait;
      Cely devai lou sey le pleigne la matrisi,
      Per la graci de Dieu, ell'et astura nourrici <2>.
      Elle este si friqueta quand elle estave leyan,
      Toujour si bien couaifia, le pourtave de gan ;                      200
(1) L'éditeur de 1658 imprime : Qiiaiey de nous d:ux dray.
t2) Elle est à cette heure nourrice. L'éditeur de 1658 imprime : ellet.