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480 l,A KliVUK LYONNA1SK
Y et vna povra feim que ne saret goutâ,
Si quoqu'vn n'ét à son coûta. 95
BON VAISIN
le n'aime pa lo fou, encor moin lo gatâ,
Le pesta say la soma.& que me l'a bastâ !
Que faiset-elle hier à huict heure cheu tay?
LA DUELLA
le ne t'empeschin pa, tu dévia veny vay. .
ACTE IV
GATILLON
La Bernarda me vou; Ã men demi voiajou 100
le voulian faire lou mariajou,
Et n'eusse esta quoque malandra <''
Que ie peschy den la calandra (2),
L'afaire estet bien fait, tout en estet racla,
Car lou marchy en estet bâcla. 105
LA DEVOIDY
Lou diablou te lou racle, qu'appelle-tu bâcla,
Si ie te masquou de la cla W ,
Que i'ay fait faire per l'avay
Ne farin iou pa mon devay ?
IÃŽERN ARD A
Tou bio, Devoidy mon amy, 110
Te sa ce que ie t'ay proumy,
d'un méchant homme, on dit familièrement : « C'est une gale, une peste ». De même, mauvais
comme une teigne est passé en proverbe.
(1) Malandre, c'est le nom donné par les vétérinaires aux crevasses qui se forment parfois
au pli du genoudu cheval. Par extension ce terme a été appliqué à toute maladie en général :
on le rencontre avec cette acception dans le dialecte du Berry.
(2) La calandre est une machine de bor, avec laquelle on tabise les étoffes de soie.
(3) Au figuré le français masquer signifie couvrir la joue avec la main, donner un souf-
flet. C'est dans ce sens que la Devoidy menace Gatillon de le masquer avec la clef, qu'il a