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LA BERNARDA-BUYANDIKl 481
Rejouy-tey, laisse lou faire,
Et cependant faison noutro afaire W.
DEVOIDY
Epouson nous deman.
BERNJÃŽRDA
Per mey i'v voulou ben, • 15
le t'en donnou la man avoique mon sermen.
DEVOIDY
le crey que te te lasse de servi le maison,
Où le maitresse n'an ny rima ny raison,
Que tout lo iour laivon lou na,
Et pui zapres vous contanton bien ma. 120
BERNARDA
Fait bon servir le dame que paison lou savon,
Que se lichon ben tant qu'elle se gatow toute <2>,
Et que vou fan mingi la resta de leur croûte,
Quand le fan voutra soupa de resta de bullon
Qu'elle nous fan mingi après leur bassoullon. 125
Et puis celé friquette te) le fan le délicate.
fait faire pour l'avoir, ajoute notre rimeur aux abois dans son désir de trouver une rime Ã
devay.
(1) Il fallait écrire comme certainement l'on prononçait: « E t c'pendant faison noutr'afaire ».
Noutro est visiblement mis ici par erreur pour noulra dont l'atone s'élide devant une voyelle.
(2) On dirait en français: Qui se pomponnent tant. « Se pomponner, dit Littré, c'est se
parer avec recherche et coquetterie. >>
C'est dans un sens voisin que l'on dit d'une peinture minutieusement finie qu'elle est léchée.
Cette acception du mot léché était déjà connue au siècle dernier. Je relève en effet dans le
Dictionnaire coin, de Leroux les locutions suivantes : Un tableau léché, c'est-à -dire travaillé avec
soin et avec peine. Un ouvrage trop léché, c'est celui qu'un auteur a voulu trop perfectionner.
(3) Frisquette diminutif de frisque, mot un peu vieux et qui n'est plus d'usage que dans
le comique, dit Leroux; il signifie joli, gentil.
j'ai vu maint homme et mainte femme.
Frisques, galans en leurs atours
Brûler de-mutuelle flamme
Nouv. Parnasse (Diction, coin, de Leroux).
En Dresse une freqiuta, c'est une jeune fille accorte et coquette.
Ran que de và y cela frequeta
Mai qu'u melin lou cœur me ba.
La Frequeta, chanson en patois de Montrevel composée vers 1845 (Philibert Leduc