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LA BERNARD A - BUY AN I) IRI
GERVAISI
Que vou-tu dire, groin tiriat ('•', 80
N'a-tu rien pou d'vna viriat (2|,
Que te tombeise à la renversa ?
Te verra ceta nuit vna bella traversa.
BON VAISIN
Si a n u y ('> to galan te p o u v o n veni vey,
le lo z a s s o m m e r a y à g r a n d cou de pavey< 4 \ 8=)
le criray : « U vouleur, u larron, à la garsa » !
lamais den ton carti ne s'ét vu tella farsa.
GERVAISI
Et mey si ie te veyou tracassi per ma porta,
le contreferay ben la morta ;
le crieray bien fort : « Hela teni me bien, 90
Celo que l'an frappa y ne valon tuy ren ».
I. A DUE1.I.A
Vey-tu, te cherche rougny <*), laisse la diverti..
Te dy qu'ell'et paillarda, may te n'a bie» mewti,
lement de la première. Estrevire a été formé sur le germanique strippe à l'aide du suffixe arius.
Sur la dérivation arius très fréquente dans les langues romanes, voyez Diez, Gram\n. des lar-
gues romanes, traduction Morel-Fatio et Gaston Paris. Paris 1874, t. Il, p. 324.
(1) Visage tiré, amaigri. Nous disons dans le même sens d un homme qui a le visage fatigué
qu'il a les traits tirés. Cf. Littré, Vo tire § 9: « Visage tiré, visage amaigri, allongé. » Tout
son visage tiré et rétréci [ d'Astarbé ] faisait des grimaces hideuses. Fénelon, Télém. VIII.
Tiriat pourrait bien avoir ici le sens d'ennuyé, maussade, qui s'appuierait sur le provençal
tirar,pris au sens d'ennuyer, déplaire.
E dirai vos que fort me tira :
Velha cazals qu'a trops si gira.
LE MOINE DE MONTAUDON. (Bartsch. Chreslomalhie provençale, 2= édition, p. 132, v. 6).
(2) Substantif verbal formé sur l'infinitif viri. tourner, retourner par l'adjonction du
suffixe participial atitm. C'est ici le synonyme du français vulgaire tripotée, raclée. Le lyonnais
viri, vient du bas latin virare que l'on rencontre dans les lois barbares/; français virer, prov.
virar. Diez pense que le radical de ce mot est dans le latin viria bracelet.
(3) Cette nuit. Cf. le v. fr. anuit, enuit.
Se jou ne l'ai anuit à mon costé,
G'istrai dou sens ains qu'il soit ajorné.
Si je ne l'ai cette nuit à mon côté, je deviendrai fou avant qu'il ne soit jour.
HUON DE BORDEAUX (Bartsch, Chrcsl. Ane. Franc, p. 188, v. 19).
(4) Lisez : « Je loz assomeray ».
(5) Chercher rogne à quelqu'un, c'est lui chercher dispute. Rogne, en français, c'est la gale
invétérée. « La gale, la rogne, la teigne, la peste... » (MOLIÈRE. Amour MeJ., II, 7) En parlant