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47S LA 11 K V U K L Y O N N A I S K
le vous metray lo py à la sosa à Robert ('>, os
Si iamais vous marchy
Hay sera de traver.
BON V A I S IN
(2)
Va-te cachi, groussa levriri ,
T'a ben avala de puciri.
T'a orla ton béguin b\ t'e> furiusa viourdy, 70
Et deman te sera plus douci qu'vn cabry.
Si nrarrive quoque malheur
Per lo py ou quoque douleur,
Que de coup de bâton, que de coup d'estrevire ^) !
L'on n'entendra que tey brama per la charriri. 75
T'a biau te démonta lou groin, groussa bogressa,
Te me parle asseta coume quoque princessa !
Leva-te grou fumy & seye plus habila,
Ton eu semble l'entra de quoque bella villa.
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(1) Sorte de sauce fort salubreet nécessaire, nous dit Rabelais qui attribue l'honneur de son
invention au cuisinier Robert. Ce paraît avoir été une sauce très relevée, car au figuré mettre
quelque chose à la sauce Robert, c'est lui donner de l'éclat. « Mettre une vertu à la sauce
Robert », est-il dit dans le Dictionnaire comique, de Leroux. Vu Sauce, « c'est, dans le style
comique, l'embellir de quelque action éclatante. » Edition de 1750, Amsterdam.
Ici, le sens de cette locution paraît être différent. Mettre les pieds de quelqu'un à la sauce
Robert, c'est le frapper de minière à l'empêcher de marcher de longtemps.
(2) Le Dict. de Gras nous fournit : îevreiri, adj, léger, prompt; mais hvreiri pris dans cette
acception ne nous donnerait point un sens satisfaisant. Littré cite une acception du mot
levrîcr qui suivant moi doit être transportée ici. V° lévrier, § 2 : « A,u figuré, lévrier d'amour ,
entremetteur d'affaires galantes ». Le Dict. comique de Leroux a de même : « Lévrier d'amour,
dans le style polisson, une m — , une personne qu'on emploie en une affaire galante. »
(3) « Béguin, espèce de coëffe ou coeffure, dont les femmes du menu peuple se couvrent la
tête. » (Diction, corn, de Leroux).
Sans collet, sans béguin et sans autre affiquet.
RKGXIER.Sff/. XI, V. I 5 9 .
Littré à ce mot cite un emploi figuré se rapprochant du nôtre : « J e lui ai bien lavé son bé-
guin, je l'ai bien grondé ».
ÉTYMOL. Béguine, religieuse dont la coiffure fut nommée béguin.
Tu as ourlé ton béguin est pris ici au sens du français : tu as mis ton bonnet de travers,
tu t'es levée de mauvaise humeur.
(4) Eiriviere. courroie à laquelle est suspendu l'étrier. Au pluriel : Coups d'étrivières, recevoir
les étrivieres. ETYM.PI'OV. esinihieira; Port, esiribcira; Fi*, c'iricr par contraction de estrivier qui
est un dérivé de l'ancien fr. csirif, lequel a été formé sur l'allem. stripje, courroie; flamand
striepe, lanière de cuir. Diez a proposé comme étymologie le haut allem. 'strebau, s'appuyer;
l'étrier serait ce sur quoi l'on s'appuye. Cette étymologie rcjelée par Littré ne semble pas
en effet admissible. La locution donner les ctrivières s'accommode en tous cas bien plus fuci-