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186                      LA R E V U E L Y O N N A I S E

 marquis de laFare, baron de Balazuc et autres lieux. Balazuc reste
 dans la famille du poète, et, en 1626, son fils, Philippe-Charles,
 rend hommage au roi pour ses terres de Balazuc et de la Borie '.
    Quelques années plus tard, elles appartiennent aux Vogué.
   La Collection du Languedoc donne, à la date de 1762, les indi-
cations suivantes :
    « Balazuc (Baladunum) 2, village fermé par des murs, église
dédiée à Sainte-Madeleine, diocèse de Viviers, offlcialité de Bourg-
Saint- -Andéol. La présentation ou la nomination de la cure appar-
tient à l'archidiacre de la cathédrale de Viviers. 11 y a u n e chapelle
sous le vocable de saint Jean-Baptiste, dont M. le marquis de
Vogué est collateur. La paroisse contient quatre-vingts feux. La
justice est seigneuriale et relève du sénéchal de Nîmes. M. de Julien
de Vinezac, habitant Largentière, y a un domaine. Le pays pro-
duit un peu de blé, devin, d'huile, de cocons, il est fort pauvre.
Balazuc dépend dans l'ordre économique (impôts) de Viviers, où
 réside Monsieur le receveur; il appartient à la généralité de Mont-
pellier. Ghauzon, Pradons composent la communauté. Les fonctions
du consul sont de recevoir les mandes, d'assembler la communauté ;
 ses privilèges sont d'exempter ses enfants de la milice une année
seulement. »
  « Aller à la guerre » n'a jamais été, chez Jacques Bonhomme,
chose ambitionnée, et les conscrits de nos jours n'ont pas dégénéré
sous ce rapport; aussi était-ce un privilège envié que celui de con-
sul de Balazuc ! Comme on le voit, le service obligatoire ne date pas
delà troisième république. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
   Depuis 1762, le pays ne s'est pas enrichi. S'il produit toujours
un peu de blé, un peu d'huile, il n'y a guère plus de cocons et pas
du tout de vin. Il est toujours fort pauvre, et le consul, je veux
dire le maire — n'a plus le privilège d'exempter ses enfants de la
milice, s'ils ne sont pas bossus, boiteux ou aveugles. Le tribunal


  ' Aubaïs et Ménard, t. II, p. 509.
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     liel-dunum, bal-dunum, du celtique dun, montagne, Montagne de Bel, mon-
tagne sacrée. Cetle étymologie semblerait indiquer qu'il y a eu à Balazuc un temple
païen. Tous les documents latins portent : Baladunum. Pons et ses descendants sont
désignés par les historiens et dans les actes sous le titre de seigneur de Baladuno^
de BaladiiUi de Balasun et enfin de Balazuc^