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112 LA R E V U E L Y O N N A I S E
si profondes, il n'est pas un musée qui no contienne quelques souvenirs de la
conquête latine. Chaque jour de nouveaux spécimens de cette antiquité sont mis
au jour.
C'est donc à -un intérêt général que répond ce manuel, résumant d'une façon
limpide et complète les longues dissertations des gros volumes savants et met-
tant à la portée de tous les éléments de l'archéologie.
M. Martha, se conformant au principe formulé par l'éditeur de la « Biblio-
thèque de l'enseignement des Beaux-Arts » a eu soin de laisser de côté
l'étalage d'érudition que lui eût si facilement permis de faire sa connaissance
approfondie de l'époque qu'il décrivait. Il a écarté, comme des obstacles gênants,
toutes les discussions classiques, qui se présentent nombreuses dans le champ de
l'archéologie, au point que l'écrivain n'a, pour ainsi dire, qu'à se baisser pour
les ramasser à pleines mains. Le lecteur ne manquera pas de lui en savoir gré.
M. Martha a ainsi rendu son ouvrage plus abordable. 11 instruit en intéressant.
C'est le meilleur éloge qu'on puisse lui adresser.
Sans s'arrêter à discuter longuement l'origine encore inconnue de ce peuple
étrusque qui a tenu une place considérable dans l'histoire de l'Italie, M. Martha
recherche quel a été le caractère de ses manifestations artistique?. L'art étrusque
n'est qu'une combinaison plus ou moins originale d'éléments pris, les uns à l'Orient,
les autres à la Grèce, jusqu'au jour où ceux-ci l'emportant éliminent presque
complètement les autres.
Appliquant cette considération générale aux diverses branches de l'art, l'auteur
les passe successivement en revue, et rapidement, en quelques pages, en définit
les traits principaux et en signale les monuments les plus remarquables.
La partie du volume consacrée à l'art romain est naturellement plus considé-
rable. C'est chez les Etrusques et en Grèce qu'il puisa ses principales inspira-
tions. 11 fut, dit l'auteur, le plus pratique à la fois et le plus somptueux de tous
les arts.
Architecture, sculpture, peinture, mosaïque, monnaies et médailles, pierres et
verres gravés, bronzes et armes, argenterie et bijoux, céramique, le lecteur
trouvera des notes sur chacune de ces variétés de l'art.
En tête de chaque c h a p i t r e , M. Martha donne l'indication des principaux ou-
vrages, français et étrangers, qui se sont occupés du sujet qu'il traite. Excellente
coutume qui met le lecteur à même de compléter par des études personnelles les
considérations forcément sommaires du Manuel.
J'ajoute que les nombreuses gravures, fort bien exécutées, dont est émaillé le
volume, contribuent puissamment à l'intelligence et à l'intérêt du texte.
En somme, le volume est à tous égards un des plus remarquables que contienne
l'excellente collection de M. Quantin, et je ne sais trop qui l'on doit le plus féli-
citer, de l'éditeur, qui a si judicieuiement fait le choix de l'écrivain propre à trai-
ter ce sujet, ou du jeune professeur qui a si intelligemment rempli la tâche qui
lui était confiée. C H .LAVENIR,
L'ÉTOILE SAINTK, pat ALBERT JOUNKT. — Paris, librairie des Bibliophiles,
rue Saint-Honoré, 338. — 1884.
Je ne sais pas si, comme le croit M. Jounet (II, strophe 2) « la profonde h a r -
monie de ses vers émeut l'éternité. » Si tant est qu'il ait obtçnu ce résultat, je