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LES TRESORS DES EGLISES DE LYON 71 horrible mascarade, au moment où elle débouchait sur la place des Terreaux, et où on devait achever l'apothéose du nouveau dieu. Mais le pillage des églises constitutionnelles n'ayant pas suffi aux autorités de Lyon, le Directoire du département du Rhône rendit, peu après, un arrêté prescrivant «l'anéantissement de tous les signes du fanatisme et de la superstition, tant extérieurs qu'intérieurs. Les municipalités furent invitées « à leur substituer les emblèmes de la Raisonet de la Liberté, seules divinités des peu- ples libres. » Il recommandait aux citoyennes qui avaientdes joyaux en forme de croix, de les échanger contre des médailles républi- caines, et ordonnait aux Conseils généraux des communes dont le nom était celui d'un saint, de changer ces noms sans délai. Enfin, disait l'article 5 de cet arrêté : « Tous les métaux seront arrachés des églises pour être transformés en armes destructives des en- nemis delà France. L'or et l'argent des dites églises sera trans- féré au chef-lieu du District, pour de là passer au creuset du bon sens, et faire de nouveaux miracles à la Trésorerie na- tionale1. » Cette mesure reçut son exécution; il parut alors à Lyon, chez « le sans-culotte Destefanis, grand in-folio de quatre feuillets, un état de l'argenterie provenant des ci-devant églises des communes de l'arrondissement du district de la Campagne, de celle de Com- mune affranchie et de ses faubourgs, de divers dons et séquestres, déposée à l'administration, et par elle remise à la Commission du Dépôt central, à l'hôtel des Monnaies de Commune affranchie, en vertu d'un arrêté des représentants du peuple ». Mais cet impor- tant document a disparu, et je n'ai même pas pu en retrouver un exemplaire à la Bibliothèque nationale. * Le 15 novembre 1792, le citoyen Bonnard est nommé commissaire « à l'effet de se faire représenter à la métropole et à Saint-Georges, sa succursale, les inventaires des meubles, effets et argenterie que le clergé y a pour son usage et pour faire transporter ensuite à la Monnaie toute l'argenterie qui ne serait pas nécessaire au culte. » Le 21 novembre 1792, le citoyen Carron est chargé « d'enlever la grande croix d'autel de la métropole et de la déposer aux archives du département, laquelle croix les commissaires déjà nommés, ayaient laissée lors de leur première visite, à la solli- citation des fabriciens de cette paroisse qui demandèrent à en référer à l'Assemblée Nationale » Cette croix et les six chandeliers d'argent qui l'accompagnaient avaient «té faits par ordre du cardinal de Tencin avec de la vieille argenterie de la cathédrale.