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et qui, autour de 1830, mena, chez nous, le bon combat pour la décentralisation
et pour la gloire de la petite Patrie.
Alexis ROUSSET (1799-1885) employé de commerce puis comptable, trouva,
bien que poète, le moyen de réaliser des économies, de se construire — avec des
matériaux de démolition — trois châteaux ailleurs qu'en Espagne, et de publier
22 volumes de prose ou de vers, dont douze recueils d'autographes et de dessins,
documents aujourd'hui précieux pour l'histoire de notre cité.
Le peintre Michel GENOD (1795-1862) fut surnommé « le Greuze lyonnais»;
c'était beaucoup dire. Il professa à notre école des Beaux-Arts, fut membre de
l'Académie de Lyon, et rima sans façon des chansons sentimentales ou gauloises.
Un gros brave homme, spirituel, rond d'allures et d'aspect : le type du bon vivant
et du bon cœur.
Léon CAILHAVA (1795-1863) directeur des Messageries Bonafous, riche,
généreux comme un Médicis, a laissé une réputation méritée de bibliophile. Grand
ami des artistes — chanteurs, comédiens ou danseurs —, Mécène fidèle de nos théâ-
tres, il n'avait, a-t-on dit, « de cordons à sa bourse que pour l'ouvrir ». Il finit par
la vider. Obligé de vendre sa bibliothèque, il ne survécut qu'un an à la dispersion
de ses chers livres.
Son neveu, Stéphane MESTRE, mort en 1877, fut avoué, et bibliophile comme
son oncle.
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C'est en juillet 1841 que l'entreprenant Boitel, alors imprimeur et directeur
de la Revue du Lyonnais, eut l'idée de créer un petit cercle d'amis, choisis parmi
les artistes, les littérateurs et les savants du crû. Un beau jour — le 7, le 9 ou le
19 juillet, car on rencontre ces trois dates—, Boitel convoqua à un dîner commandé
à Fourvière, au pavillon Nicolas, douze Lyonnais de ses camarades qu'il avait dû
mettre au courant de son projet.
On fut donc treize à table : les peintres Pharamond Blanchard, sur le point
de se fixer à Paris, Claude Bonnefond, directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, Michel
Genod, déjà nommé, professeur à la même école ; le graveur en taille douce Victor
Vibert, aussi professeur à Saint-Pierre ; l'architecte Alexandre Flacheron ; les musi-
ciens Georges Hainl, violoncelliste, chef d'orchestre au Grand-Théâtre, et plus
tard à l'Opéra, et Antoine Maniquet, dit Maniquet-Musique, compositeur, profes-
seur de violon, chansonnier, directeur de l'Ecole Centrale de Chant, un précurseur
de la propagation du chant à l'atelier. Puis les imprimeurs Louis Perrin, un maître,
et Léon Boitel ; trois chirurgiens ou médecins : Amédée Bonnet, le jeune et célèbre
major de l'Hôtel-Dieu, Denis Coutagne et Paul Brun; et enfin le littérateur Stanislas
Clerc, un des tenants lyonnais du romantisme, qui écrivait alors dans la Revue du
Lyonnais et dans diverses feuilles locales.