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Tant de rigueur ne. me semble pas exempte d'exagération ni être
sans révision, surtout si on réfléchit que nul acte positif n'est articulé pour
l'appuyer et que la documentation dont elle est déduite n'est peut-être
pas aussi conforme au sens proposé qu'on l'avance. Vernègues éloigné de
Paris, dès sa sortie du Temple n'a pas entretenu de rapports avec les
bureaux du ministère de la police et, pendant les sept mois de sa captivité,
nous ne connaissons que par les dossiers le concernant, conservés aux
Archives nationales, les aveux et les secrets que Fouché et Desmarets
auraient arrachés à sa frayeur ou à sa complaisance. Rien ne laisse soup-
çonner, dans ces papiers véridiques, une ombre de complicité, même
involontaire, l'offre quelconque après marchandage de révélations utiles.
A part quelques banales formules d'une reconnaissance sommaire du
gouvernement constitué, à part quelques phrases de déférence obsé-
quieuse destinées à capter la bienveillance de gens qu'il importe de ne
pas blesser, un appel à leur pitié, sinon à leur équité, pour obtenir un
adoucissement à un sort intolérable; comme nous l'avons dit au début
de cette étude, on ne rencontre dans ces feuilles jaunies qu'une attention
perpétuelle à établir les deux points autour desquels roule toute la défense
du prévenu : i° il n'a jamais été associé à aucun complot de l'intérieur ;
2° ses relations avec les princes exilés n'ont point eu d'autre objet que
des services financiers occasionnels. Mais une analyse, si brève soit-elle,
des pièces versées dans ce débat mettra en plus grande évidence les raisons
qui permettent d'absoudre le correspondant de Louis XVIII du reproche
de trahison et de conclure qu'il n'a pas sacrifié son honneur au désir de
sa délivrance, ni livré les secrets de son maître et de sa cause à l'arbitraire
impérial.
Trois documents principaux composent le fond de cette enquête
contradictoire : une déclaration secrète et volontaire que rédige l'intéressé
sur sa vie politique pendant la Révolution, probablement écrite avant la
fin de juin 1804 ; la minute de l'interrogatoire qu'il subit devant Desma-
rets, le 14 août, une lettre adressée à Fouché, en date du 17 octobre.
De la lecture de ces textes originaux, de leur examen réfléchi, il ne ressort,
si je ne me trompe, aucune preuve matérielle ou morale de l'indiscrétion
et de la déloyauté du prévenu assis sur la sellette. Il s'explique, il se