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rien été cependant : M. Venizelos, pour récompense de ses services, a
dû quitter le sol ingrat de l'Hellade. Le roi Constantin est rentré en triom-
phe. En conséquence, malgré les résistances plus ou moins ouvertes
de la diplomatie anglaise, il va falloir remettre à l'ordre du jour l'examen
de toutes les questions orientales qu'on prétendait résolues définitivement.
Que restera-t-il du traité de Sèvres dans l'avenir, nul ne saurait le prévoir.
Une seule chose est certaine, qu'on le veuille ou non : la revision de ce
pacte est, après la réunion de la Conférence de Londres, d'ores et déjÃ
en principe, sinon chose décidée, du moins ouvertement envisagée. Le
moment semble donc bien choisi pour examiner les conditions dans les-
quelles se présentent en ce moment les diverses questions orientales. Voici
trop longtemps que l'Europe en général et la France en particulier laissent
leur politique orientale osciller au gré des événements. Qu'on se rappelle
la ferme déclaration des puissances à l'ouverture des hostilités balkaniques,
en octobre 1912, relativement à l'intégrité sacro-sainte de l'Empire
ottoman, déclaration qui a abouti, on le sait, au démembrement de cet
empire et aux annexions consacrées par les traités de Bucharest et d'Athè-
nes. Il est temps que nous nous décidions à savoir ce que nous voulons
faire en Orient, à avoir une politique nettement définie. On se propose
ici de dégager les principes sur lesquels doivent se fonder cette politique.
A mon sens, elle doit présenter un double caractère : elle doit
être européenne et elle doit être française. Ce qui n'a rien de contra-
dictoire, on le verra. Elle doit être européenne en ce sens qu'elle doit
non seulement établir en Orient une paix réelle, mais étouffer dans
la mesure du possible les germes de troubles et d'hostilités, et par lÃ
garantir l'Europe contre les risques que le contre-coup des secousses
orientales pourrait faire courir à la paix universelle. Mais en même temps
cette politique doit tenir compte des intérêts de toute nature que, depuis
des siècles, nous possédons en Orient. Comme d'ailleurs ces intérêts
ne peuvent que souffrir de toute agitation, il s'ensuit que la politique
française est essentiellement une politique de pacification réelle, par lÃ
elle est en même temps une politique européenne.
Or, si on juge par ce qu'a produit la politique suivie en Orient
par les puissances de l'Entente depuis l'armistice, on ne sera pas long-